Premiers pas douloureux pour l’expédition « A la découverte des canyons du Chili »

Voici les premières infos reçues du Chili, quelques jours après leur départ :
Samedi 8 janvier
Attente, longue attente… décollage de Lyon à 07 h (au fait, mes 5 kg de spits, gougeons et plaquettes dans mes bagages à main, ont fait sensation au passage des portes d’embarquement), arrivée Madrid 9h, départ pour Santiag à 23h55 ! Je comprends vite que mon espagnol est un « chouïa » juste et que je ne pourrais pas passer un mois entier à donner le change en commandant une bière avec des olives, même si je dis « bonjour »  en arrivant et « au revoir » en partant. Pour faire court, un tiers de l’équipe est au Chili, une autre se morfond à Madrid et le troisième on ne sait où. En tout cas, j’ai le temps de faire le tour du propriétaire… Grand, immense cet aéroport ! Pour le coup, mon ego un soupçon franchouillard en prend un coup. Dire que Gilles est au soleil de Santiago depuis ce matin…
17h,  je croise Denis qui me reconnaît d’après la photo d’Expé, en en profite pour faire connaissance et une bonne bière scelle notre nouvelle amitié.

19h : je ne résiste pas à la tentation de vous faire part d’un « petit truc à moi », s’il vous prenait quelque velléité d’aventures lointaines : vous prenez avec vous une pochette contenant votre (vos) Mastercard, passeport, argent liquide, billets A/R …que vous gardez soigneusement autour du cou… jusqu’au moment où vous le mettez obligeamment à la disposition du premier venu, en l’oubliant sur la banquette du self une bonne heure. Je confirme donc, il n’y a pas de voleur à Madrid (mais j’en connais un dont le cœur a battu très vite).

L'équipe de l'expédition enfin réunie.

Dimanche 9 janvier 2011
Le baromètre du moral est inversement proportionnel au temps qu’il fait dehors : chaud et ensoleillé (+ 35°) Après une longue nuit dans l’avion, je retrouve Denis arrivé finalement presque en même temps que moi. Je viens de faire une découverte : si vous attendez en vain vos bagages qui n’arrivent pas sur le tapis, et que vous commencez sérieusement à flipper, c’est peut-être que vous n’attendez pas au bon endroit. Récup matos, bus pour la gare routière et on trouve enfin Gilles. Enfin, l’équipe est au complet. Dès que l’on aura trouvé un moyen de transport pour le sud, ça ira mieux. En fait non.  Si on résume, on a fait Lyon-Madrid, Madrid-Santiago, aéroport-gare routière, gare-routière-aéroport, aéroport – à nouveau gare routière (location de voiture trop chères), gare-Calbucco (12 h), ce qui nous fait un départ samedi aux aurores avec une arrivée lundi matin.

Le volcan Osomo se dresse fièrement au-dessus du lac Lanquilhue.

Lundi 10 janvier 2011
OUT ! La litanie un peu ennuyeuse je vous l’accorde, de nos différentes  navettes, permettent d’expliquer que mon aventure s’est arrêtée ce matin 9 h. Ce ne sont pas les canyons Chiliens, ni les 6000 andins, mais les…trottoirs de Puerto Montes.
A force de se trimballer des charges de 60 kg, un mollet a claqué. Une simple déchirure du muscle, mais qui stoppe là mon expé… Ce soir, réunion de crise avec le groupe, mais à deux, ça risque d’être problématique pour le reste de l’équipe.
J’espère tout de même qu’ils pourront vous rapporter de jolies photos et de belles aventures.
Apres toutes ces navettes et changement de bus, nous voici ENFIN arrivés à Puerto Varas où nous retrouvons  notre contact par internet, Richard Carrier, qui gère  une société de kayak et de rafting sur ces splendides rios de la région des grand lacs. Il est enchanté de notre arrivée et du matos français qu’on lui amène, très difficile à trouver ici.
Les présentations se font très vite et les questions fusent : logistique, technique de canyon, connaissance des accès aux sites et des gens locaux…
Richard termine par un : Que voulez vous faire cet après-midi ? Je ne le laisse pas terminer et lui dit que l’on va explorer le fond de la vallée… Rendez-vous est pris pour 14h30 au gite (que Richard nous as trouvé pour 40000 pesos par jour)… avec vue sur le lac Lanquilhue et le volcan Osorno… C’est le rêve !!!
14h30… euh pardon 15h !!! Ce n’est pas le quart d’heure ariégeois mais chilien. Direction chez le voisin, un gars très sérieux qui possède des vaches et une cabane sur le chemin d’accès du canyon que Richard exploite pour ses clients. Notre espagnol quelque peu approximatif fait sourire notre local, qui, lui, pratique un patois… que Richard ne comprend pas. On se laisse dire qu’au-dessus de son pré, on trouvera un chemin qui monte vers une cascade de 50 m et qu’il n’a jamais vu quelqu’un y aller sauf les vaches pour boire au rio.
Nous décidons alors de laisser tout le matos et partir reconnaître à pied. On prend juste une bouteille d’eau… et une machette…
Au bout d’une heure et demi, je confirme la machetta fonctionne très bien (la forêt australe c’est carrément la jungle) mais hormis du bambou et de la rhubarbe sauvage, on ne trouve pas la moindre cascade.
On décide alors de rejoindre la rivière (à la façon des sangliers ariégeois) pour remonter en pateaugeant le cours d’eau… Trente minutes plus tard (j’ai un copain qui va rire en sachant que c’est moi qui estime les horaires puisque je n’ai pas pris ma montre), on découvre enfin une cascade de 10 m. Le local a-t-il un peu forcé sur le Pisco (alcool local de raisin, mélangé à du sucre, du citron ou de l’orange) ?
18h30, on décide de stopper ici la prospection retour sur la piste et … le gite en ayant oublié de faire les courses.
Là, je reprends (la plume ?), le lecteur comprendra en lisant en italique, que c’est Bruno qui poursuit le récit. En effet, si je ne peux suivre mes équipiers dans leur progression, je suis chargé d’assurer « la logistique base-arrière » : périphrase pompeuse pour m’occuper des courses, de la vaisselle, du ménage et surtout de la cuisine. A ce propos, je suis malheureux, car je suis tombé sur deux cuistres culinaires et à part des saucisses de Strasbourg et des pâtes (sans sel ???), ils ne sont pas comme moi, amateurs de « bonnes bouffes »
Lendemain, rendez-vous est pris à 6h30 pour explorer l’amont de la cascade.
Quand à moi, je retourne à Puerto-Varras pour trouver un cyber-café pour vous envoyer ce petit récit… et faire les courses avec mes béquilles.

L’équipe