Chili, pisco contre sangliers

Vendredi  14 Janvier 2011
Au lever ce matin, je vous dis pas la caillante. Plutôt envie de rester sous la couette que de remettre la combarde pour se baquer dans de l’eau pas trop chaude non plus… mais enfin, on n’est pas ici pour s’amuser, alors « debout les morts !». Un pt’it dèj plus tard, je me présente à Ko ‘Kayak pour la descente, à la nage cette fois. Pas de bol, pas de client aujourd’hui. La première fois : pas d’bol, je suis bien parti pour jouer les touristes pendant que Gilles et Denis, accompagnés de Richard vont faire une séance photo dans le canyon.
C’est pas loin et c’est beau, je pars direction les chutes de Petrohué. Hélas, moi qui rêvait d’endroits où « la main de l’homme n’avait jamais mis le pieds », me voici dans la fête à Neu-Neu locale. Du monde « a blinde » comme dit Gilles. Pas ma tasse de thé. Ceci dit, c’est beau, très beau même, magnifique, majestueux et grandiose….et cetera. En poussant même plus loin, je remarque un superbe (à ce qu’il me semble vu de la route (du chemin)) canyon, bien « Vercoresque » abrupt et encaissé. Hélas, certainement inaccessible autrement qu’en hélico, canyon protégé par deux jungles, l’une végétale et l’autre, administrative, ce dernier étant situé sous le contrôle de la CONAF (ONF local). Et là, c’est pas gagné.
Au retour, j’ai pu constater mes progrès en Espagnol (castillan exactement) ainsi que ma notoriété sur la place locale :
Je fais signe à un « aoutoboussé », celui-ci s’arrête.
Lui (le chauffeur, pas l’autobus): « ola »
Moi : « ola, Ensenada ? »
Lui : « si, Ko’Kayack ? »
Moi : « si ? »
Lui : « Esta el Francés amigo de Richard »
Moi : « si ???? Esta amigo de Richard »
Lui : « Richard és amigo con mi »
Moi : «  si, bueno »
Lui : «  Esta el Francés quién (et là, il me mime quelqu’un qui marche avec des béquilles, pas facile d’autant qu’il est en train de conduire) ???
Moi : « si »

Bon, je vais vous la faire courte et cesser là, ne désirant pas me mettre les Hispanophone à dos. Comme quoi, avec deux mots d’Espagnol, trois d’Anglais, force gestes et moult sourires, on arrive bien à tout…

Retour à Puerto-Varras, alimentation de blog, tentative de baignade (avortée) dans l’eau magnifique mais décidément trop froide du lac Llanquihue et retour sur camp de base pour la prépa de l’apéro de ce soir, pisco, aceitunas et guacamole… en attendant les autres.
Bruno

En rappel dans notre beau canyon

Ola como esta ? Estoy Gilles !!! Aujourd’hui journée photos et vidéos avec Richard qui découvre la canyon qu’on a ouvert … 2 h plus tard, il est RA-VI… Résultat : dès dimanche il risque d’y amener des clients. Moi ,je suis comblé et l’objectif est atteint : faire découvrir le canyonisme au Chili. Ce soir je sens comme une émulation et une exaltation dans l ‘équipe; tout le monde fait sa part et tout fonctionne à merveille d’autant plus que Denis et moi avons repéré 3 canyons possibles à explorer avec l’aide de Nicolo, un employé de Richard sans qui rien n’est possible, surtout pour parler avec les locaux…

Saut !

A demain, pour j’espère ce que vous pensez !!!!
Samedi 15 matin
Dans le combat d’hier soir : « Sangliers Ardéchois » VS « Pisco Sour », la victoire est sans appel : Pisco 1, Sangliers 0.
Quand  mes cheveux cesseront de pousser vers l’intérieur du crâne et que ce foutu castor aura quitté ma langue et qu’en fait on aura passé cette journée (si on s’en sort), suite des aventures….

L'équipe au complet : Bruno, Gilles et Denis, de gauche à droite.

L’aventure sera en fait pour un peu plus tard, les rafts étant complets et les nuages aussi, tellement complets qu’ils déversent allégrement leur trop plein sur le toit de la « caban »a où j’ai décidé de me replier.

Ooops ! Hier soir, pendant que nous tentions vainement de nous imposer face au Pisco, nous avons entendu passer un hélico, un gros, ceux de l’armée, et ce matin nous avons appris le décès de deux compatriotes avec qui nous avions échangé quelque mots la veille. Ils avaient tenté l’ascension du volcan Osorno, que l’on peut voir sur des photos du blog. Ce volcan parait débonnaire, il y à même une station de ski dessus…et pourtant ! Une chute de sérac serait à l’origine du drame. RIP.

Un tabanos, sorte de taon, une saloperie locale...

J’le crois pas…. coincé toute la journée dans la « cabagna « because météo pourrie, j’ai allumé un feu dans le poêle à bois. Bien la peine de se rendre à l’autre bout du monde pour échapper à la grisaille et au frimat de nos contrées, changer d’hémisphère pour se retrouver en été, le tout pour en arriver là… c’est navrant.
Gilles