Chili : changement de secteur

Lundi  17
Il pleut ! Ce matin, on vient même de faire un feu dans le poêle à bois.
Direction Puerto Varras pour s’adonner au shopping et ramener quelques souvenirs pour les êtres chers. Un rai de soleil nous semble de bon augure pour une plaisante journée… trève éphémère, le ciel est à nouveau bouché. Ce qu’il faut bien comprendre, le pourquoi de la « fixette » que je fais sur la météo, c’est que non seulement elle influe sur le moral, mais surtout sur la nivologie des cours d’eau, et que tant qu’il pleut, le canyon ne se videra pas et donc on ne pourra pas l’équiper. Il semble que sur ce bassin, la mise en charge soit très rapide, on en conclue donc que cela devrait se vider de même.
Pendant que j’y suis, je vais vous parler un peu de la vie ici. Commençons par les transports. Pour ce qui est des grandes lignes (le pays fait 4300 km de long), on trouve un réseau de bus. C’est l’équivalent de la SNCF, mais en mieux. Si vous avez un trajet de 800, 1000 km, débrouillez-vous pour prendre celui du soir, vous vous réveillerez le matin à destination, en ayant bien dormi (c’est très confortable, sièges-couchette, plein de place, projection cinéma en continue (avec casque audio) comptez  65€ de Santiago à Puerto-Varras .
Sinon, pour le petit trajet interurbain, le ville à ville proche, il y a des minibus, tous pourris, de 20-25 places, qui  circulent toute la journée sur le même trajet, vous vous arrêtez où vous voulez, aussi bien pour monter que pour descendre… le top ! Mes 40 km quotidiens me coûtent 1200 pesos Chilien, soit moins de 2€ !

La gardienne de la cabana

mardi  18
Ce matin, changement dans la météo, on commençait par trouver cela monotone… Il ne pleut plus, non, il tombe des trombes d’eau, une cataracte céleste avec les rafales de vents qui l’accompagnent (en refoulant la fumée de notre poêle qui fonctionnait depuis deux jours, et qui nous enfume à tel point que nous sommes obligé de tout ouvrir) ! La fraîcheur n’est pas en reste, ça serait pas marrant sinon.

YAM : y'en a marre...

De nouveau bloqués pour la journée, le moral s’en ressent quelque peu. On lit et relit les topos de la région, même ceux du côté argentin, on se prend à rêver aux plages du nord, de Viña del Mar, bref, de chaleur et de soleil. C’est rageant, on ne peut plus partir, étant à deux doigts d’ouvrir un canyon qui n’attend plus qu’une accalmie pour se vider du trop plein d’énergie qui nous empêche de l’approcher. De plus, les photos de canyon sans soleil, ça manque quand même de peps.
Pour couronner le tout, après avoir mangé les saucisses de Strasbourg, grillées, bouillies, pochées, gratinées, je ne sais plus comment passer celles qui restent… Gilles le sait : réchauffées avec des pâtes sans sel !

Mercredi 19
On vous épargne le récit de la journée de transition entre Puerto Varras et Maîpo… Une galère qui n’a pas lieu de figurer sur ce blog…

Il faut encore se coltiner ça...

Jeudi 20
Maïpo est magique… j’en dirais plus demain ou après demain, quand j’aurais le temps de coucher ça par écrit. Pour l’instant, j’ai plutôt envie de prendre une douche et d’aller en terrasse déguster un bon PISCO SOUR… Miam, j’en suis friand !
Bon d’accord, une tite news, on a repéré un canyon à équiper demain. Belle cascade, accessible sans jungle mais chemin directissime dans les éboulis. Celui là, ça m’étonnerais que des clients le facent un jours, mais bon… GUEULEZ PAS, les photos arrivent demain 😉
Comme on dit ici : Tcha tchao !
Suite du 20
Charmante journée sur Bano Moralés. Rencontre avec des gens d’exception, mais n’en oublions pas pour autant le canyon de demain.
Un mythe s’effondre, comme quoi on est peu de chose : le pisco n’est pas chilien. Ce ne sont que des copieurs, des plagieurs, voire des contrefacteurs : le pisco est préruvien. C’est une Péruvienne, Stella, qui me l’a dit. Qu’il soit chilien ou péruvien, le pisco vient de remporter son 2ème combat par abandon. Pisco 2, Sangliers (Ariégeois) 0. Et pourtant, on s’était entraîné.

Au pied d'une cascade

Dans la grande cascade de 100 m

Denis au pied d'une cascade

Vendredi 21
YO ! YO ! YO ! YO !
C’est fait, nous avons “estoy my la main icy là ou l’homme n’avoy jamais my le pié” . Moi, je trouve que ça fait « vieux françois » du temps où il y avait encore ostre chose que des canyon à découvrir. Aussi ému que lors de l’ouverture de ma première cannette. J’en aurais presque la larme à l’œil. Sans le faire exprès, j’ai été le premier à prendre pied dans le canyon, Gilles  le premier à équiper et Denis, le premier à descendre.
La cascade se révélant plus haute que prévue, une corde de 100 m pour faire une cascade de 80m, ça fait un peu juste. Donc, on a essayé la technique du « sac lesté ». Vous faites partir la totalité de la corde, soit 100m, et le rappel se fera en lestant un des sacs (en principe le plus pourris). Alors, faut bien lester (mais moins que votre propre poids, ben oui ! sinon… c’est lui qui vous emmène.) Notre sac est resté là haut, avec 100m de corde au bout.

On y retourne demain, du coup.
A suivre…