Le Grand Prix 2011 des Bourses Expé à « Pas de répit au Dénali »

Mardi 8 novembre, devant un auditorium de la Maison du Tourisme de Grenoble bien rempli, c’est le film de Fred Degoulet et Ben Guigonnet qui a séduit le Jury à l’unanimité. Un jury composé de représentants de la société Expé et de ses partenaires, FFCAM, Rencontres de la Montagne, Montagnes Magazine, Spéléo Magazine, et de trois personnes du public volontaires. Les autres partenaires (The North Face, Petzl, Beal) avaient pu visionner les sujets disponibles depuis quelques jours en accès privés, et donner leur appréciation.

Pas de répit au Dénali

Fred et Ben racontent leur ascension en non stop (45 heures d’affilées sans dormir, en profitant du jour permanent qui règne durant « l’été » sous ces latitudes, d’une voie très dure du mont Hunter, dans le massif du Dénali (Alaska). La qualité de leur engagement transparait tout au long de cette version de 13 minutes extraites d’un film de 25 minutes qui raconte également leur tentative au Mont Dénali, avortée pour cause de mauvais temps, après la voie normale du Dénali enlevée avec panache « pour s’acclimater ». Le film reste très près de leur aventure, et non sans humour, ils ont assemblé des bouts de diaporamas et des bouts de vidéo pris avec leur appareil photo. Etre capable de ramener de très belles photos et des séquences vidéo au cours d’une telle ascension représente déjà un bel exploit !

Prix spécial du Jury pour Nosy Hara !

Egalement à l’unanimité, le Jury a trouvé dans le traitement du sujet « Nosy Hara » de Laurent Martin un travail abouti, qui permet de découvrir un univers méconnu : celui des tsingy de Madagascar, et plus particulièrement de cette petite île d’un kilomètre de long, couverte d’un karst invivable… Exceptionnellement, en guise de dotation, et puisqu’ils parlent d’y retourner pour continuer l’exploration, Olivier Blanche a promis qu’Expé soutiendrait leur prochaine expédition…

Qui va gagner le Grand Prix 2011 des Bourses Expé ?

Soirée gratuite à la Maison du Tourisme de Grenoble, mardi 8 novembre 19h30

L'affiche du Grand Prix 2011

Pour la deuxième année consécutive, les lauréats des Bourses Expé présenteront leur retour d’expédition en public. Ils concourront pour le Grand Prix 2011 des Bourses Expé qui récompense le meilleur reportage et qui sera ensuite diffusé lors des 13e Rencontres du Cinéma de Montagne de Grenoble, le 15 novembre.
Au programme, évasion garantie avec de l’alpinisme engagé en Alaska, du trek et des rencontres avec les indiens Kogis en Colombie, des explorations spéléologiques dans les tsingys de Nosy Hara à Madagascar, de l’alpinisme et des premières inédites au Népal et enfin des ouvertures de canyons au Chili.
Ces explorateurs en herbe ont été portés aux quatre coins du globe par leur esprit d’aventure, leur envie de rencontres et de défit sportif. Ils partageront avec le public les petits aléas qui transforment un voyage en une véritable expédition, ainsi que les grands moments de leur expérience qui resteront gravés dans leur esprit.
Cette soirée se terminera par la projection du Grand Prix 2010, « Indochine, sur la piste Rouge » de Cécile Clocheret et François Picard, et de l’élection du vainqueur 2011 par un jury composé des partenaires des Bourses Expé et de 3 membres du public.

Les gagnants se verront remettre un bon d’achat valable dans tous les magasins Expé.

Présentation des lauréats des Bourses Expé 2010

Pas de répit au Dénali, Alaska, USA, du 2 mai au 2 juin 2010

Frédéric DEGOULET, Benjamin GUIGONNET

Fred et Ben, deux jeunes aspirants‐guides, ont en ligne de mire deux voies très engagées dans l’Alaska Range : « Moonflower Butress » sur le mont Hunter (440 m) soit 2000 m de face nord, et « Slovak Direct » dans la face sud du Denali, archétype de l’engagement total en montagne… 3000 m de paroi, dont quasiment 2000 m de goulotte en grade 6 ! En technique alpine ultra‐light et sans repos… La météo faisant des siennes, tout ne se déroulera pas comme prévu.

Gonawindua, COLOMBIE, du 11 juin au 11 juillet 2010

Sylvain PERRET, Aurélia GREFF

Le Pico Colon, plus haut sommet de Colombie avec ses 5780 m, est l’objectif final de cette expédition. Situé dans la Sierra Nevada, une des régions les plus inaccessibles du globe et dernier refuge des Indiens Kogis, l’ascension de ce sommet ne peut se faire sans leur aide et leur accord. Après plusieurs jours passés à partager le quotidien de ce peuple ancestral, le fameux permis pour accéder à cette montagne « sacrée » leur sera‐t‐il accordé ?

Explorations de Nosy Hara, MADAGASCAR, du 15 septembre au 15 octobre 2010

Séverine LAMIC, Laurent MARTIN, Jean‐Claude DOBRILLA

Si les tsingys de Madagascar commencent à être connus, ceux de l’archipel de Nosy Hara, situé au nord‐ouest de la grande île, restaient à explorer. Ces confettis calcaires, baignés par l’Océan Indien, présentent des formations géologiques puissamment faillées, sculptées par l’érosion. Explorer et étudier les cavités qui s’y cachent, tel est le projet de cette expédition spéléologique originale.

Hunku Project, NÉPAL, du 8 octobre au 14 novembre 2010

Renaud GUILLAUME, Alexandra LEBERT, Yannick PREBAY, Julie VESZ, Romain BARRALLON

Une équipe jeune et mixte part aux confins du Népal explorer la vallée de Naar et Phu, entre ouverture de sommets et itinéraires inédits. Bilan : cinq semaines d’expédition, trois camps de base, six sommets réalisés en technique alpine dont trois premières jusqu’à 6900m et de nouvelles voies.

Rendez‐vous dans l’Hunku, NÉPAL, du 8 octobre au 14 novembre 2010

Marie DUMONT, Frédéric GOTTARDI, Lucas GIRARD, Adrien GILBERT

Les membres de l’équipe ont choisi deux chemins différents pour se rejoindre dans la vallée de l’Hunku. Marie et Fréderic sont allés au plus rapide pour accéder à la vallée afin de pouvoir profiter au maximum des sommets qu’elle offre. Adrien et Lucas ont choisi une option plus longue : la remontée de la vallée du Rolwaling, l’accès à la vallée du Khumbu par le Tesi Lepcha, puis la vallée de l’Hunku par le Mingbo La.
Chili con canyons, CHILI, du 3 janvier au 6 février 2010

Gilles LEROY, Denis BRUNET, Bruno VIGIER‐LAFOSSE

Le canyoning est une discipline peu connue au Chili. Mais comment ne pas imaginer que les nombreux lacs de la région d’Araucanie, au sud de Santiago, n’alimentent pas des canyons au cours de leur descente des Andes vers le Pacifique ? Ce projet est donc une véritable expédition d’exploration, mais aussi d’équipement des plus beaux canyons dans le but de proposer une alternative économique aux guides de raft de la région.

Chili : en guise de rappel, notre plus beau rappel

Pour conclure un peu la fin de notre voyage, je reprends ici le récit de l’équipement de la cascade que nous avons ouvert vers Santiago. C’est le seul que nous ayons trouvé avec une « grande » C80. Les canyons ouverts à Puerto-Varras, s’apparentent en fait plus à de la « rando aquatique » qu’à du canyonnisme tel que nous pouvons le pratiquer dans le Vercors. Mais n’y voyez rien de péjoratif, c’est simplement un peu « différent ».

Devant la cascade "Salto de Agua"

« YO ! YO ! YO ! YO !

C’est fait, nous avons “estoy my la main icy là ou l’homme n’avoy jamais my le pié” . Moi, je trouve que ça fait « vieux François » du temps où il y avait encore ostre chose que des canyon à découvrir. Aussi ému que lors de l’ouverture de ma première cannette. J’en aurais presque la larme à l’œil. Sans le faire exprès, j’ai été le premier à prendre pieds dans le canyon, Gilles  le premier à équiper et Denis, le premier à descendre.

C'est parti pour 80 de descente arrosée !

Je décris la progression dans le chemin qui nous permettra d’accéder au départ du canyon un peu plus loin. Deux options se présentent. La première, choisie par Gilles, est d’équiper un petit rappel de 5 m, dans de la roche pourrie et exposée aux chutes de pierres du pierrier que nous venons de dévaler avec plus ou moins de bonheur. La seconde, la mienne, est de faire 50m de plus et de désescalader 2 ou 3 m. Mon option permet de gagner 1 mn. Pas franchement significatif, mais ça me gonflait d’enfiler mon baudard pour un rappel de moins de 10m…

Ensuite, progression dans un canyon peu encaissé, pas trop aquatique, mais avec une ambiance « colorado » assez sympa. Arrivée sur un premier rappel très joli de 15m, dans une vasque peu profonde (je crois que c’est ce qu’on dit quand l’eau vous arrive péniblement au niveau du genou). Equipement classique, gougeons-maillon-plaquette. Quelque mètres plus loin, LA descente de la cascade principale. 80 m d’un coup, avec un petit ressaut au bout de 20m. Le final se faisant plein vide sur les 5 derniers mètres. Gilles équipe une roche qui se révèle de bonne qualité. Le perfo électrique de Gilles fait merveille. Toutefois, on y mettra 3 points reliés par de la cordelette. Honneur à Denis qui part en tête. D’où on est, on ne voit pas le bout que l’on estime à un peu moins que la longueur de la corde. Ne disposant que de 100m, et n’ayant plus assez de point pour équiper un relais mouillé dans une roche que nous ne connaissons pas, Gilles et Denis décident d’utiliser la technique de secours dite « du sac lesté ». Voir ci-dessous.

Dans la grande cascade

Soudain, nous entendons par-dessus le bruit de la cascade, des hurlements ???

La corde devient molle et même en nous penchant, on ne voit toujours pas le bas… où est Denis ? En flippant un peu, (je reprécise que je ne suis pas « à l’aise » dans les grandes verticales, même si on envisage sérieusement de faire « Moulin-Marquis » dans le Vercors.), je m’équipe et part en second… mais où est Denis ? Pourquoi ces hurlements ? Corde trop courte ? Non, pas possible ! Et si Denis avait échappé le 8 ? Cela expliquerait les hurlements. C’est avec ça sous le bras que j’entame ma descente. Dés le ressaut passé, re-hurlements. Ça veut dire quoi ? Arrête, ton pote s’est planté ? Corde décidemment trop courte ? En me méfiant tout de même un peu, je poursuis ma descente. Ah ! Je vois l’arrivée… ouf ! En fait, c’est l’enthousiasme des groupies qui passaient un moment de détente dans la vasque de réception qui sont à l’origine des cris et des encouragements. Assurément, nous étions bien les premiers à « faire ça ». Je m’éloigne un peu pour voir Gilles, lui faire le signe ok ! Et il nous rejoint rapidement. Le temps de signer quelque autographes, et  nous relâchons la tension sur le brin de descente… attention, reculez, ça va tomber… ça va pas tarder à tomber… dans quelques secondes… dans un moment… peut-être ? Un jour ? Diantre ! Que dalle ! Nada !

Ben oui, la corde est restée bloquée...

Explications techniques.

La cascade se révélant plus haute que prévue, une 100m pour faire une cascade de 80m,  ça fait un peu juste (ben oui, faut bien avoir suffisamment de longueur pour rappeler : soit 2x80m (précision pour les « non-cannyonnistes »). Donc, on a essayé la technique du « sac lesté ». Vous faites partir la totalité de la corde, soit 100m, et le rappel se fera en lestant un des sacs (en principe le plus pourri), bien rempli de caillasse, sur le brin opposé à la descente. Alors, faut bien lester (mais moins que votre propre poids, ben oui ! sinon… c’est lui qui vous emmène.) Et… notre sac est toujours là haut, avec 100m de corde au bout. On y retourne demain, de par le fait.

Départ de la grande cascade

De retour au pied de la cascade pour récupérer cette *** de satanée m*** de b*** de corde coincée. Denis préfère nous attendre en bas, prétextant vouloir prendre des photos… mon œil oui, moi, on ne me la fait pas. Il préfère éviter le danger, la pierraille sournoise et vicieuse qui glisse sous vos pas, le soleil chilien qui tape fort, alors que c’est son absence qui nous a fait fuir Puerto Varras. Tant pis pour lui, on sera aussi les seconds et vraisemblablement les derniers avant un bon moment à se farcir la bonne suée qui nous hissera au départ merdique de cette belle cascade. Nous essayons de prendre les paris de « pourquoi est-ce quelle est coincée la cocorde ? », mais personne ne relève, nous sommes unanimes à conclure qu’avec plus de 20 kg de caillasse dans un kit, dans un joli goulet bien lisse, vertical et mouillé à souhait, ce ne peut-être que le nœud qui est monté un peu haut et qui s’est coincé dans l’œillet de l’amarrage. Mais, on a quand même pris notre corde Joker de 100m (corde qui n’aura jamais bien mérité son nom.)

Mais attention, cela se mérite, voyez plutôt.

Au départ du chemin, ou, en fait, de la vague sente rocailleuse et éboulementesque, nous nous équipons léger pour le portage. J’entends par là qu’il fait chaud (très), grand soleil et que nous voulons montrer plus possible, lors de notre retour dans cette France hivernale, que la quasi-totalité de nos corps de statue grecques, a profité des bienfaits du soleil, et que, de fait, nous eussions fait de beaux mannequins pour lingerie masculine, même si les uns sont plus « petit bateau » que « Eminence ». Las, il s’avère très vite que de modèle masculin, nous passons dans la catégorie « crash-testeur » chez Dim. En effet, notre technique de descente, plus ou moins volontaire, la descente à vitesse variable des pierriers perfides et sournois qui ne sait jamais comment se tenir, aura vite raison de notre superbe, et après le test « abrasion de fondement », « passage en milieux aqueux » (avec essorage) et pour moi qui ne suis pas à l’aise dans les grandes verticales, des traces que Schumarer ou Loeb n’auraient pas dénigrées, notre engouement auprès de la gent féminine risque fort de souffrir de récession.

Après une progression d’une bonne heure en milieu un peu engagé, mais surtout exposé, nous nous retrouvons au départ de la 20m. Séance « shooting tofs »… pour nous, le résultat est su-per-be, pour un peu, je m’enverrai des fleurs. Reste juste à attendre le verdict du pro.

Du départ de la C80, le pronostic se révèle enfin : on a tout tout faux. Le sac est bien au départ, bien lourd, mais pas assez manifestement, à 20 cm près et/ou 5 kg près, ça partait… le « gato negro », le chat noir de la bande, a encore fait des siennes. On raboute la Joker de 100m et c’est reparti. Comme quoi, 80m de corde dans le jus, ça fait un bon tirage. Arrivés en bas, on suscite déjà moins d’engouement que la veille…c’est dommage, je commençais déjà à tourner cabotin ! »

On plie, on rentre.

Chili : escapade vers le Nord

C'est beau !

Mardi 25
Euréka ! Après une journée, disons de « repos et reconditionnement du personnel et du matériel », nous décidons d’élargir notre horizon. Or, comme nous aimons malgré tout la « bonne bouffe », nous envisageons d’abord d’élargir notre horizon culinaire. Pour l’occasion, je viens d’inventer une nouvelle recette pour les saucisses de Gilles. Il est donc décidé que Gilles retournera sur Puertos-Varras pour racheter un stock des dites saucisses, à croire qu’il les achète en gros, tandis que Denis et votre serviteur irions sur San-Pedro de Atacama, pour quèrir une épice qui n’existe que là-bas. Le voyage étant de quelque conséquence, il s’avère plus pratique d’effectuer des étapes. Et c’est ainsi que de Santiago (je profite de l’occasion pour me claquer à nouveau le mollet, retrouvant la catégorie claudicante), où nous laissons la plupart de nos bagages en consigne, nous cheminons dans un premier temps sur Horcon, où nous passerons une bonne nuit quoique bien « musicalisée » (mais sans l’air de Banjo) par les autochtones. Ceux qui ont vu le film « Délivrance » auront une idée de l’ambiance qui nous aura accompagnée le long de notre court séjour dans ce petit village… ceci étant, dépaysement garanti, on ne regrette pas (surtout de s’en être sorti vivant et avec notre « honneur » sauf).
Le lendemain,
Mardi 26
Donc, bus direction Vina Del Mar… on ne s’attardera pas sur une station balnéaire à l’européenne (mais souvent en mieux) et une eau froide à ne pas mettre le MNS que je suis dans l’eau, mais c’étais la condition pour prendre un autre bus direction le désert de l’Atacama, salon roulant duquel je vous soumets ces quelques nouvelles de notre aventure.
« La route des épices », ou « la traversée du désert »
En fait, la traversée sud-nord du Chili, depuis Santiago par la PanAm, s’apparente plus à une long transfert (près de 2000 Km pour 24 h de trajet) et fastidieuse, qu’à autre chose. Il est vrai que l’on y voit des décors peu communs, voire époustouflant, mais… 24 h de trajet auront eu raison de notre soif de découverte.
Mercredi 27
A défaut de trouver des canyons dans la région, on n’a pas encore trouvé les épices pour notre nouvelle recette de SDS (saucisses de Strasbourg). Gilles de son côté, n’as pas encore les-dites saucisses (c’est pratique, hein, les abréviations, le texte est tout de suite plus léger) mais vient d’ouvrir le 3ème canyon. Celui-ci sera le meilleur des trois, aquatique, grands toboggans, belles cascades, soutenues mais pas « abo » pour les futurs clients de Richard… du bon quoi !
Jeudi , vendredi et samedi
On cherche, on cherche (les épices) mais pour l’instant, on a trouvé que de merveilleux couchers de soleil dans la « vallée de la luna », des cactus, des geysers et des lamas, des bains chauds à 4300 m d’altitude, avec des gens qui se baignent dans de l’eau à 40°C, pendant que les frileux ou péteux regardent en doudoune par -2°C… et où il était Bruno ?

Mon pote le cactus!

Carrément plus sec qu'à Puerto Varras !

Chili, en canyon et à cheval

Samedi 22 janvier

Portage à dos de mulet...

De retour au pied de la cascade pour récupérer cette satanée corde coincée, Denis préfère nous attendre en bas, disant vouloir prendre des photos… mon œil oui, moi, on ne me la fait pas. Il préfère éviter le danger, la pierraille sournoise qui glisse sous vos pas, le soleil chilien qui tape fort, alors que c’est son absence qui nous a fait fuir Puerta Varras. Tant pis pour lui, on sera aussi les seconds et vraisemblablement les derniers avant un bon moment à se farcir la bonne bavante qui nous hissera au départ merdique de cette belle cascade. Nous essayons de prendre les paris sur la raison du coincement de la corde, mais personne ne relève, nous sommes unanimes à conclure qu’avec plus de 20 kg de caillasse au fond du kit, dans un joli goulet bien lisse, vertical et mouillé à souhait, ce ne peut-être que le nœud qui s’est coincé dans l’œillet de l’amarrage. Mais on a quand même pris notre corde Joker de 100m (qui n’aura jamais aussi bien mérité son nom.)

Frustrés...

Mais attention, cela se mérite, voyez plutôt. Au départ du chemin, ou en fait, de la vague sente rocailleuse et éboulementesque, nous nous équipons léger pour le portage. J’entends par là qu’il fait chaud (très), grand soleil et que nous voulons montrer le plus possible, à de notre retour dans une France hivernale, que notre corps de statue grecque a profité des bienfaits du soleil, et que, de fait, nous eussions fait de beaux mannequins pour lingerie masculine, même si les uns sont plus « Petit Bateau » que « Eminence ». Las, il s’avère très vite que de modèle masculin, nous passons dans la catégorie « crash-testeur » chez Dim. En effet, notre technique de descente, plus ou moins volontaire, aura vite raison de notre superbe, et après le test « abrasion de fondement », « passage en milieux aqueux » (avec essorage) et pour moi qui ne suis pas à l’aise dans les grandes verticales, des traces que Schumarer ou Loeb n’auraient pas dénigrées, notre engouement auprès de la gent féminine risque fort de souffrir de récession.

L'équipe devant le panneau indiquant notre cascade

Après une progression d’une bonne heure dans milieu un peu engagé, mais surtout exposé, nous nous retrouvons au départ de la 20 m. Séance « shooting tofs »… pour nous, le résultat est s-u-p-e-r-b-e, pour un peu, je m’enverrai des fleurs. Reste juste à attendre le verdict du pro.

Du départ de la C80, le pronostic se révèle enfin : on a tout tout faux. Le sac est bien au départ, bien lourd, mais pas assez manifestement, à 20 cm et/ou 5 kg près, ça partait… Le « gato nero », le chat noir de la bande, a encore fait des siennes. On raboute la Joker de 100m et c’est reparti. Arrivés en bas, on suscite déjà moins d’engouement auprès du publicque la veille… c’est dommage, je commençais déjà à tourner cabotin.

Le départ de la cascade de 80, samedi

Ce soir, on reste sur « Bagnosse Moralesse », tout petit bled paumé au fin fond d’une vallée aussi paumée, loin du tourisme de masse et du béton, quelques « cabaña », pas de commerce, l’électricité 3h par jour avec un groupe électrogène… J’adore. Et là, nous ferons une rencontre inoubliable : la patronne d’un petit bar local avec qui nous sympathisons, nous invite chez elle pour prendre un apéro insolite « à la chilienne » mais charmant, et qui s’avère être la veuve d’un andiniste célèbre dans les années 50, Carlos Gonzalez, le 1er  à avoir gravi l’Aconcagua, le Tupucando… Un Monsieur. Rosita nous sort les pages jaunies des journaux de l’époque. Emouvant, sincère et poignant. Nous nous séparons après une accolade et la promesse de nous revoir.
Dimanche 23 janvier
Ce matin (un lapin à tué un chasseur), Denis et Gilles vont grimper un peu. Nous avons bien repéré un canyon, mais celui-ci devra attendre que nous retournions sur Santiago, acheter des points d’amarrage. On en avait prévu en quantité et même plus (les détecteurs de métaux de Lyon St-Ex s’en souviennent encore) mais on a tout laissé à Richard,  à Puerta Varras. On n’y retournera probablement pas. Les voyages dans ce pays tout en longueur, sont longs, très longs, trop chronophages. Peut pas tout faire.
Je décide pour ma part d’opter pour une rando à dos de cheval, vers le fond de la vallée. Les dimensions ici ne sont pas à la même échelle que dans les Alpes. Ici, c’est le pays de la démesure. Vous voulez « faire le Mt-Blanc », pas de problème. Aiguille du midi ou St-Gervais et direct dans le bois dur. En 24 h, vous avez fait le 2ème sommet des Alpes (j’attends les réactions). Ici, déjà « a minima » 2 jours pleins d’approche à cheval ou 4×4, camps de base et ensuite ascension. Mini 5 jours AR.
Me voici devant l’engin, c’est une première pour moi (une de plus), de monter à cheval. Le « gaucho » qui ne parle pas plus français ou anglais que moi espagnol, voit tout de suite à qui il a affaire et se précipite pour m’aider à monter… vexant, car ça au moins, j’aurais pu le faire tout seul… enfin. Une solide impulsion sur ce mollet puissant,  qui bondit d’habitude de rochers en rocaille des fonds de canyons et me voici juché au faîte de l’équidé andin. Çà, c’est fait. Ensuite, ensuite en fait, le guide me met à la longe (courte, très), ce qui fait que tout au long de la balade(ou presque), je n’aurais comme proche horizon, que la croupe ondulante et lascive du bourrin qui se trouve devant mon nez. (À ce propos, Mauricette, si tu me lis…)
Au bout de 5 mn de notre train de sénateur, je me sens tout à fait en confiance. 1ère erreur. Passage du pas au trop (le petit)…ah ! Là c’est plus pareil.
– Fesses serrées ?
– Fesses serrées !
– Dents serrées ?
– Dents serrées !
– Matos rangé ?
– Matos… matos… la tuile ! J’ai oublié !
– Mayday, Mayday, Mayday… panne de stabilisation !
-Capt’ain Kirk, c’est l’bor..el… on va tous mourir !!!
– Pas de panique, enclenchement des gyrostabilisateurs !!!
Je décide immédiatement de faire faire un voyage en arrière à mes attributs virils et de leur faire faire retour à l’état prépubère. Toujours ça de sauvé. Il faut savoir tout bien ranger avant une ballade à cheval, caleçons i-n-t-e-r-d-i-t-s .Je vous rappelle l’état de ma lingerie après la journée d’hier, et mes sous-vêtements tiennent plus du sac à patates que du Wonderbras.
Le guide semble s’apercevoir de mon désarroi et se tourne vers moi, en me faisant un signe, celui du pouce levé… je lui réponds de même, c’est moi le plus vieux, je vais rien lui laisser à ce jeunot, donc je lui réponds de même, un sourire crispé fixé sur le visage. On dirait une pub pour dentifrice. J’ignorais jusqu’alors que dans les cas extrêmes, je possède une hyper laxité des zygomatiques et que seules mes oreilles empêche le sourire de faire le tour complet.  Dans le doute, le commandant de bord préfère reprendre les rênes en main et retour en mode « pas ». Nous arrivons enfin à destination, un charmant petit lac en fonds de vallée. Un pt’it pique-nique et retour.
J’ai pu admirer la technique des chevaux pour descendre les pierriers, on n’a rien à leur envier. C’est vrai que c’est raide, sérieux, et ce qui faisait sourire en mode montée, fait tout de suite moins rire côté descente… Et je ne parle pas des dévers !!!
Le guide, constantant mes progrès depuis ce matin (on est tout de même resté 3 bonnes heures en selle), décide de m’accorder le bénéfice du doute et m’abandonne les commandes. C’est tout fier que je rentre au village, les rênes en main. Gilles et Denis introuvables, le rocher doit leur plaire.
Je rentre au camping en stop, me mets au travail de frappe du blog et triage de photos en attendant le Pisco du soir. Demain Santiago, donc rien de bien passionnant en perspectives proches.
A Tchao !

Chili : changement de secteur

Lundi  17
Il pleut ! Ce matin, on vient même de faire un feu dans le poêle à bois.
Direction Puerto Varras pour s’adonner au shopping et ramener quelques souvenirs pour les êtres chers. Un rai de soleil nous semble de bon augure pour une plaisante journée… trève éphémère, le ciel est à nouveau bouché. Ce qu’il faut bien comprendre, le pourquoi de la « fixette » que je fais sur la météo, c’est que non seulement elle influe sur le moral, mais surtout sur la nivologie des cours d’eau, et que tant qu’il pleut, le canyon ne se videra pas et donc on ne pourra pas l’équiper. Il semble que sur ce bassin, la mise en charge soit très rapide, on en conclue donc que cela devrait se vider de même.
Pendant que j’y suis, je vais vous parler un peu de la vie ici. Commençons par les transports. Pour ce qui est des grandes lignes (le pays fait 4300 km de long), on trouve un réseau de bus. C’est l’équivalent de la SNCF, mais en mieux. Si vous avez un trajet de 800, 1000 km, débrouillez-vous pour prendre celui du soir, vous vous réveillerez le matin à destination, en ayant bien dormi (c’est très confortable, sièges-couchette, plein de place, projection cinéma en continue (avec casque audio) comptez  65€ de Santiago à Puerto-Varras .
Sinon, pour le petit trajet interurbain, le ville à ville proche, il y a des minibus, tous pourris, de 20-25 places, qui  circulent toute la journée sur le même trajet, vous vous arrêtez où vous voulez, aussi bien pour monter que pour descendre… le top ! Mes 40 km quotidiens me coûtent 1200 pesos Chilien, soit moins de 2€ !

La gardienne de la cabana

mardi  18
Ce matin, changement dans la météo, on commençait par trouver cela monotone… Il ne pleut plus, non, il tombe des trombes d’eau, une cataracte céleste avec les rafales de vents qui l’accompagnent (en refoulant la fumée de notre poêle qui fonctionnait depuis deux jours, et qui nous enfume à tel point que nous sommes obligé de tout ouvrir) ! La fraîcheur n’est pas en reste, ça serait pas marrant sinon.

YAM : y'en a marre...

De nouveau bloqués pour la journée, le moral s’en ressent quelque peu. On lit et relit les topos de la région, même ceux du côté argentin, on se prend à rêver aux plages du nord, de Viña del Mar, bref, de chaleur et de soleil. C’est rageant, on ne peut plus partir, étant à deux doigts d’ouvrir un canyon qui n’attend plus qu’une accalmie pour se vider du trop plein d’énergie qui nous empêche de l’approcher. De plus, les photos de canyon sans soleil, ça manque quand même de peps.
Pour couronner le tout, après avoir mangé les saucisses de Strasbourg, grillées, bouillies, pochées, gratinées, je ne sais plus comment passer celles qui restent… Gilles le sait : réchauffées avec des pâtes sans sel !

Mercredi 19
On vous épargne le récit de la journée de transition entre Puerto Varras et Maîpo… Une galère qui n’a pas lieu de figurer sur ce blog…

Il faut encore se coltiner ça...

Jeudi 20
Maïpo est magique… j’en dirais plus demain ou après demain, quand j’aurais le temps de coucher ça par écrit. Pour l’instant, j’ai plutôt envie de prendre une douche et d’aller en terrasse déguster un bon PISCO SOUR… Miam, j’en suis friand !
Bon d’accord, une tite news, on a repéré un canyon à équiper demain. Belle cascade, accessible sans jungle mais chemin directissime dans les éboulis. Celui là, ça m’étonnerais que des clients le facent un jours, mais bon… GUEULEZ PAS, les photos arrivent demain 😉
Comme on dit ici : Tcha tchao !
Suite du 20
Charmante journée sur Bano Moralés. Rencontre avec des gens d’exception, mais n’en oublions pas pour autant le canyon de demain.
Un mythe s’effondre, comme quoi on est peu de chose : le pisco n’est pas chilien. Ce ne sont que des copieurs, des plagieurs, voire des contrefacteurs : le pisco est préruvien. C’est une Péruvienne, Stella, qui me l’a dit. Qu’il soit chilien ou péruvien, le pisco vient de remporter son 2ème combat par abandon. Pisco 2, Sangliers (Ariégeois) 0. Et pourtant, on s’était entraîné.

Au pied d'une cascade

Dans la grande cascade de 100 m

Denis au pied d'une cascade

Vendredi 21
YO ! YO ! YO ! YO !
C’est fait, nous avons “estoy my la main icy là ou l’homme n’avoy jamais my le pié” . Moi, je trouve que ça fait « vieux françois » du temps où il y avait encore ostre chose que des canyon à découvrir. Aussi ému que lors de l’ouverture de ma première cannette. J’en aurais presque la larme à l’œil. Sans le faire exprès, j’ai été le premier à prendre pied dans le canyon, Gilles  le premier à équiper et Denis, le premier à descendre.
La cascade se révélant plus haute que prévue, une corde de 100 m pour faire une cascade de 80m, ça fait un peu juste. Donc, on a essayé la technique du « sac lesté ». Vous faites partir la totalité de la corde, soit 100m, et le rappel se fera en lestant un des sacs (en principe le plus pourris). Alors, faut bien lester (mais moins que votre propre poids, ben oui ! sinon… c’est lui qui vous emmène.) Notre sac est resté là haut, avec 100m de corde au bout.

On y retourne demain, du coup.
A suivre…

Chili sur Vesoul

Dimanche 16 janvier

La zone où nous évoluons...

Que c’est triste un dimanche, à Vesoul, sous la pluie… l’ambiance est plutôt Brel que « los machucantos ». La journée démarre à l’identique de celle d’hier, pluie, pluie soutenue, bruine ou crachin alternent avec la régularité d’un métronome, et sans les pauses. Plus la fraicheur. Le poêle à bois n’a pas trop rempli son office, et je suis frigorifié derrière mon clavier.
Hier soir, sortie à Puerto Varras, pour profiter des charmes d’une station balnéaire en été… Hélas, l’ambiance de la ville était aussi morne que le temps, personne en ville, peu de monde dans les restos et impossible de trouver un rade où écouter de la musique et se changer les idées.
En revanche, Gilles et Denis ont craqué pour une voiture de loc. Ils ont prévu une reconnaissance sur Cochamo, et « una coche » leur donnera plus de latitude pour les déplacements… si tant est qu’ils sortent du lit qu’ils partagent avec Morphée, à défaut d’une Chilienne.
Quand à moi, je vais retenter la sortie en kayak. Quitte à être trempé… Retour de rivière, aujourd’hui, c’était « hot-dog » (petit raft pour un ou deux, un kayak gonflable, quoi !) car je ne les sentais pas chaud à me confier un ‘vrai’ kayak, après tout, ils ne me connaissent pas. Sympa ; Gilles et Denis ne sont toujours pas de retour de Cochamo, ce qui est plutôt bon signe, car s’il n’y avait rien à faire, ils seraient déjà de retour… d’autant qu’il pleut toujours.
Pour la suite des évènements, ils semblerait que Pucon ne soit plus d’actualité, la météo est aussi pourrie qu’ici et les problèmes seraient les mêmes, à savoir que les canyons sont très souvent sur des terrains privés et qu’il faut passer par la case « cash », que les voies d’accès sont soit inexistantes (donc jungle impénétrable) soit situées sur un terrain privé (re cash). Donc, pas grand chose à se mettre sous la dent, d’autant que Pucon semble être l’endroit type « tourisme de masse », genre réservations mini une semaine avant et que ce n’est pas notre tasse de thé.
On s’achemine donc vers une solution plus proche du nord de Santiago. A suivre…

Ils viennent de rentrer :

Un toboggan...

[Gilles] Là, on est en plein dedans. Avec les trombes d’eau qui tombent depuis 48 heures c’est digne de la Patagonie ET de la jungle. Comme on s’en doute, les canyons ont gonflé à vue d’œil et il est trop dangereux de s’approcher ou de se mettre à l’eau. Nous reconnaissons donc l’approche de 2 canyons et l’ambiance est vite donnée dans cette forêt vierge impénétrable. Après plusieurs heures, nous avons une vague sente connue des seules vaches du pays et bien sûr on est aussi trempés que si nous nous étions mis à l’eau. Espérons que demain le niveau ait baissé pour que l’on puisse équiper.
La reconnaissance du côté de Cochamo et Las Cascadas n’a rien donné.

Un canyon à équiper, dans son écrin de jungle...

A l'eau !

Super ! Vous avez certainement reconnu la « patte » de Gilles qui confirme la nouvelle que j’attendais avec impatience, à savoir l’ouverture proche de « notre » 2ème canyon. Je suis intéressé au premier chef, car depuis deux jours, j’étais obligé de « meubler » un peu notre récit et j’avais un peu peur que cela commence à se voir.
En revanche, et je savais que cela allait arriver un jour, j’ai eu le malheur de confier les courses à Gilles et Denis… Ce que je craignais est arrivé, ils me l’ont fait, se radiner avec le sourire « banane » et un pack de 24 saucisses de Strasbourg. Le lecteur un brin pervers pourrait imaginer la façon dont je souhaiterais leur administrer cette acquisition, la taille et la forme de la dite saucisse facilitant bien les choses… pendant que ces iconoclastes de la gastronomie planteront les spits, je dois essayer de trouver, sinon une utilisation, une manière un peu élégante de présenter la chose.
22 h, je vais y  aller. Au fait… il pleut !

Bruno

Chili, pisco contre sangliers

Vendredi  14 Janvier 2011
Au lever ce matin, je vous dis pas la caillante. Plutôt envie de rester sous la couette que de remettre la combarde pour se baquer dans de l’eau pas trop chaude non plus… mais enfin, on n’est pas ici pour s’amuser, alors « debout les morts !». Un pt’it dèj plus tard, je me présente à Ko ‘Kayak pour la descente, à la nage cette fois. Pas de bol, pas de client aujourd’hui. La première fois : pas d’bol, je suis bien parti pour jouer les touristes pendant que Gilles et Denis, accompagnés de Richard vont faire une séance photo dans le canyon.
C’est pas loin et c’est beau, je pars direction les chutes de Petrohué. Hélas, moi qui rêvait d’endroits où « la main de l’homme n’avait jamais mis le pieds », me voici dans la fête à Neu-Neu locale. Du monde « a blinde » comme dit Gilles. Pas ma tasse de thé. Ceci dit, c’est beau, très beau même, magnifique, majestueux et grandiose….et cetera. En poussant même plus loin, je remarque un superbe (à ce qu’il me semble vu de la route (du chemin)) canyon, bien « Vercoresque » abrupt et encaissé. Hélas, certainement inaccessible autrement qu’en hélico, canyon protégé par deux jungles, l’une végétale et l’autre, administrative, ce dernier étant situé sous le contrôle de la CONAF (ONF local). Et là, c’est pas gagné.
Au retour, j’ai pu constater mes progrès en Espagnol (castillan exactement) ainsi que ma notoriété sur la place locale :
Je fais signe à un « aoutoboussé », celui-ci s’arrête.
Lui (le chauffeur, pas l’autobus): « ola »
Moi : « ola, Ensenada ? »
Lui : « si, Ko’Kayack ? »
Moi : « si ? »
Lui : « Esta el Francés amigo de Richard »
Moi : « si ???? Esta amigo de Richard »
Lui : « Richard és amigo con mi »
Moi : «  si, bueno »
Lui : «  Esta el Francés quién (et là, il me mime quelqu’un qui marche avec des béquilles, pas facile d’autant qu’il est en train de conduire) ???
Moi : « si »

Bon, je vais vous la faire courte et cesser là, ne désirant pas me mettre les Hispanophone à dos. Comme quoi, avec deux mots d’Espagnol, trois d’Anglais, force gestes et moult sourires, on arrive bien à tout…

Retour à Puerto-Varras, alimentation de blog, tentative de baignade (avortée) dans l’eau magnifique mais décidément trop froide du lac Llanquihue et retour sur camp de base pour la prépa de l’apéro de ce soir, pisco, aceitunas et guacamole… en attendant les autres.
Bruno

En rappel dans notre beau canyon

Ola como esta ? Estoy Gilles !!! Aujourd’hui journée photos et vidéos avec Richard qui découvre la canyon qu’on a ouvert … 2 h plus tard, il est RA-VI… Résultat : dès dimanche il risque d’y amener des clients. Moi ,je suis comblé et l’objectif est atteint : faire découvrir le canyonisme au Chili. Ce soir je sens comme une émulation et une exaltation dans l ‘équipe; tout le monde fait sa part et tout fonctionne à merveille d’autant plus que Denis et moi avons repéré 3 canyons possibles à explorer avec l’aide de Nicolo, un employé de Richard sans qui rien n’est possible, surtout pour parler avec les locaux…

Saut !

A demain, pour j’espère ce que vous pensez !!!!
Samedi 15 matin
Dans le combat d’hier soir : « Sangliers Ardéchois » VS « Pisco Sour », la victoire est sans appel : Pisco 1, Sangliers 0.
Quand  mes cheveux cesseront de pousser vers l’intérieur du crâne et que ce foutu castor aura quitté ma langue et qu’en fait on aura passé cette journée (si on s’en sort), suite des aventures….

L'équipe au complet : Bruno, Gilles et Denis, de gauche à droite.

L’aventure sera en fait pour un peu plus tard, les rafts étant complets et les nuages aussi, tellement complets qu’ils déversent allégrement leur trop plein sur le toit de la « caban »a où j’ai décidé de me replier.

Ooops ! Hier soir, pendant que nous tentions vainement de nous imposer face au Pisco, nous avons entendu passer un hélico, un gros, ceux de l’armée, et ce matin nous avons appris le décès de deux compatriotes avec qui nous avions échangé quelque mots la veille. Ils avaient tenté l’ascension du volcan Osorno, que l’on peut voir sur des photos du blog. Ce volcan parait débonnaire, il y à même une station de ski dessus…et pourtant ! Une chute de sérac serait à l’origine du drame. RIP.

Un tabanos, sorte de taon, une saloperie locale...

J’le crois pas…. coincé toute la journée dans la « cabagna « because météo pourrie, j’ai allumé un feu dans le poêle à bois. Bien la peine de se rendre à l’autre bout du monde pour échapper à la grisaille et au frimat de nos contrées, changer d’hémisphère pour se retrouver en été, le tout pour en arriver là… c’est navrant.
Gilles

Ouverture d’un premier canyon au Chili

Mardi 11 janvier

Nous partons à 7h15 notre pilote roule plus vite sur les pistes poussiéreuses et défoncées que sur la route normale et toujours pas de ceinture de sécurité…il nous laisse à l’endroit décidé ; le rio est toujours aussi fort, nous passons une bonne heure à essayer de traverser puis nous finissons par nous mettre à l’eau (vive !) De l’autre côté, c’est la jungle et retour à la macheta. Après 45 min de progression-sangliers, on aperçoit l’étroiture du canyon en contrebas qui semble très esthétique mais malheureusement beaucoup trop d’eau ; on redescend par un autre endroit car on s’est bel et bien perdu et toujours à la macheta…
Nous voici sur sur la piste vers le chemin que nous avons entamé hier. Cette fois on traverse le rio et on trouve une vague sente que l’on pense laissées par des pêcheurs.
Pendant une heure, on poursuit en  se disant que quelque chose de bien se profile dans le canyon…
On reviendra avec le matériel d’équipement…

Le volcan Osorno

Mercredi 12 janvier
Rendez-vous à 8 h, notre pilote arrive à 8h45…
Alfonso, 65 ans, le local du coin, vient avec nous pour garder ses vaches. Il s’extirpe de la voiture et, le temps de nous retourner, il est déjà sur le chemin à mach 12. On peine à le rattraper et je me demande pourquoi cet homme marche si vite pour garder ses vaches.
Toujours est-il que nous arrivons à sa cabane en 10 min de marche au lieu des 30 minutes d’hier (Merci Alfonso !). Je pense qu’il veut traire les vaches, mais non… une fois arrivés au rio, il nous rejoint, bottes au pied, nous indiquant le chemin et prend la tête du groupe. On arrive au départ de la première section de marche du canyon, au-delà beaucoup de jolis toboggans s’enchaînent jusqu’à une cascade de 3, puis 5, puis 15m, magnifique !
Résultat : 1er canyon ouvert et d’après Richard exploitable pour ses clients…

Equipement du canyon

Un des tobogans du canyon

Jeudi 13 janvier
Sommes-nous à Knott le Zout ? C’est tout comme, et pour la température et pour la pluviométrie. On feuillette les pages de nos guides pour savoir ce qu’on va bien pouvoir faire de cette journée.
Trop tard, il ne pleut plus, donc direction Ko’Kayak  pour une descente en Raft…whaou !!! Les rivières sont à la mesure du pays ; c’est plus large qu’en France, plus d’eau, mais du coup c’est moins technique. Un bon moment en tout cas. Demain, je ferai la même en hydrospeed avec mon sac Canyon en lieu et place du flotteur. Cet aprèm, retour à Puerto Varras… Officieusement je suis LE Français spécialiste de cette ville, les gens me reconnaissent dans la rue« ola Bruno como estas » ; pas un marchand d’empenada con carne qui ne me salue point et je suis le meilleur client du cyber-café du coin.
A ce propos, le monde est petit : J’ai reçu un e-mail de Vincent, de Aguaventura de Pucon, un français installé là-bas depuis quelques années, qui il me dit ceci : « Salut Bruno, j’ai appris que tu étais a Santiago dimanche, vous ne passez pas inaperçu avec vos sacs Expé »… ??? J’vous jure, M’sieur, c’est pas moi qui lui ai dit !!!

Une journée d’exploration grâce à Richard. On embarque dans un raft pour repérer les arrivées de canyons et les embouchures des rivières mais c’est immense…  A la fin de la matinée nous perdons tout espoir de trouver un sentier, ce sera sera plutôt deux voire trois  jours de machette…A réfléchir. Dans l’après-midi, direction les chutes de Petrohue d’où l’on repère l’arrivée de 2 canyons dont l’approche doit se faire du bas après avoir traversé un rio et des rapides à la nage…

Rendez-vous est pris avec Richard pour demain pour explorer la rivière et ses affluents sur la route de Cochamo.