BE2016 | Pérou on passe ?

Pérou on commence ?
C’est Pérou les vacances ?

PÉROU | 25 juillet/30 aout 2016

Benoît Montfort, 34 ans, professeur des écoles, Saint-Gaudens 31
Mélaine Camou-Juncas, 23 ans, professeur des écoles, Bedous, 64
Lara Amoros, 28 ans, professeur des écoles, Béziers 64
Ihintza Elsenaar, 35 ans, aide soignante et traductrice (basque espagnol)
Ruben Gimenez (dit Pulpo), 37 ans, professeur de yoga et de salsa


1 – Acclimatation et trek

Par Benoît

Décidément, parler voyage avec une bière à la main, c’est efficace pour motiver les copains. Initialement, nous aurions dû être une équipe de trois mais c’est finalement à cinq que cette expé se fera. Les deux nouvelles têtes ? Ihintza, notre jolie basque espagnole et Ruben (alias Pulpo), notre professeur de yoga, salsa et masseur (plutôt agréable après les journées de grimpe !)

Début juillet, les journées de chacun sont bien chargées et nous partons en différé tout en prévoyant de nous retrouver aux alentours du 1er août au camp de base. Benoît et Mélaine arrivent les premiers à Huaraz où ils rejoignent Pulpo déjà sur place depuis un mois. Après un atterrissage à Lima, donc au niveau de l’océan, l’arrivée à Huaraz (3 200 m) nous laisse le souffle court… Pas de doute, il va falloir s’acclimater !

On commence dès le lendemain par une petite journée falaise près de notre gîte. Escalade à Los Olivos où nous faisons la rencontre de Cécile. Cette demoiselle, venant de Dordogne, passera quelques jours avec nous. Dès le lendemain, nous cherchons un autre site où poursuivre notre acclimatation. Après feuilletage de topos, notre choix se porte finalement sur Llaca. À deux heures de Huaraz, on y trouve de la couenne, des grandes voies et nous décidons d’y passer deux jours afin de préparer la réserve de globules rouges ! Au programme, couenne le 1er jour, nuit à 4 200 m agrémentée d’un sacré mal de tête et grande voie équipée sur un beau granit.

De retour en ville, on s’attaque à la logistique : élaboration des menus et de la liste de courses, prévoir le nombre de mules, trouver un muletier, calculer le nombre de jours au camp de base, ceux passés en trek, faire les courses, etc.

Au bout de trois jours, ça y est, nous sommes prêts ! Le taxi nous menant au dernier petit village (Llamac) d’où nous commencerons le trekking est prévu pour 5 heures.

Ce sont les yeux encore tout collés que nous embarquons pour quatre heures de route et piste. Nous profitons de la journée pour régler les derniers détails, répartir le poids dans les sacs et prendre un dernier bain dans un ruisseau où l’eau n’est trop froide.

30 juillet, c’est parti pour trois jours de trekking. 1 000 m de dénivelés positifs puis 1 000 m négatifs et ça recommence, un col à 4 700 m, un ruisseau bouillonnant franchi sur un pont branlant, de la poussière plein des yeux et la bouche, et surtout des paysages à couper le souffle.

En parlant de souffle, le nôtre se fait bien entendre mais qu’importe, on est bien contents d’être là !

Deuxième jour de trekking : en milieu d’après-midi, notre super muletier nous informe que deux filles se rendent au même endroit que nous. Intéressant, il doit s’agir de nos deux demoiselles. Petit coup d’accélérateur et ça y est, l’équipe est au complet ! Nous finissons la journée de marche en papotant en espagnol et français ; de plus, on aperçoit maintenant la face !

Ce soir-là, le camp sera monté sous quelques flocons. 1 h 30 de marche plus loin, nous installons enfin notre camp de base pour plusieurs jours. Un petit plat (bien poussiéreux) à 4 600 m avec une vue imprenable sur le Puscanturpa.

 

 


2 – C’est Pérou les vacances ?

Par Lara

Un bout de carte intitulée “Cordillera Huayhuash”… Des montagnes, des glaciers, des noms, des altitudes… une ribambelle de sommets ! Tout en bas à droite, un petit triangle noir entouré au stylo-bille : c’est ici, la destination de nos vacances ! Un sommet, une belle face : Le Puscanturpa.
Un pilier, des orgues, des dièdres, des vires, des fissures, des cailloux en équilibre et du rocher bien compact… Un chemin de haut en bas, une voie qui naîtra bientôt… Et cette ligne, c’est la nôtre !
Après quelques mois de préparation et six jours de gestation : bébé est arrivé ! C’est parti pour les présentations ! De son petit nom Quechua, “Puscaj Pucutai” ou “Hilandera de nubes” (pour les Espagnols) ou encore « Fileuse de nuages » (pour nous !) La jolie mademoiselle pèse aux alentours du 7b max et mesure environ 650 mètres ! Sacré morceau !
Allez, je vous raconte tout ça !?

Fin juillet : les sacs sont prêts !

Cordes, dégaines, friends et coinceurs, chaussons, marteau, pitons, tamponnoir, spits, étriers, microtrac et poignée jumar, quelques centaines de mètres de cordes statiques, des portaledges… Autant dire que les sacs sont plutôt bien remplis et quand même assez lourds. La balance s’affole et les hôtesses tirent la tronche !

Direction le pays des Incas, des lamas, du Pisco, du ceviche, des cochons d’Inde, des bonnets et des patates ! Benoît, Mélaine et Pulpo déjà sur place prennent le temps de s’acclimater tranquillement (et surtout raisonnablement !) Pendant ce temps, avec Ihintza, nous sommes en maillot de bain en train de boire des cocktails multicolores sur les plages de Miami : Première phase d’acclimatation réussie !
Quelques heures plus tard, Lima, son fidèle ciel tout gris, les drapeaux rouges et blancs qui flottent dans les rues de Miraflores et des nuits bien courtes pour cause de fête nationale nous attendent ! Le premier Ceviche est avalé ! L’aventure peut commencer !
Entrons directement dans le vif du sujet !

Rallier la capitale péruvienne à la Cordillère Huayhuash s’annonce plutôt engagé voire exposé : tapez ces deux mots « Bus » et « Cajatambo » dans la barre de n’importe quel moteur de recherche et vous comprendrez ! Nous sommes vite submergées par une avalanche d’articles de journaux, de gros titres : des accidents, des blessés, des morts par trentaines ; de photos : des bus accidentés, des épaves au fond du ravin… Si l’on en croit toute cette agitation, cette route semble être la championne en titre : “LA route la plus dangereuse du Pérou” ! Visiblement, on a tiré le gros lot ! Bien entendu, cet accès n’est pas la voie classique, ce dernier se faisant communément par Huaraz, le « Chamonix Péruvien ».  Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? !
A la voie normale, balisée et fréquentée, nous avons préféré les chemins de traverse, la voie moins classique, quelque peu oubliée, peu parcourue, plus “exotique” en somme ! C’est un “à vue” sans topo, certes un peu osé, mais qui a l’avantage de nous faire gagner pas mal de temps et (une fois n’est pas coutume) de maltraiter un peu moins nos pieds : un jour de voyage contre deux et un jour de marche contre trois ! Malines les filles..! ou inconscientes, encore faut-il arriver à bon port (ou à bon camp de base) en un seul morceau ! Après plus d’une douzaine d’heures de bus et quelques bols de poussière avalés, le crux est négocié avec succès ! Ouf ! L’aventure peut continuer !

1er août : Cette fois, on y est !

Huayllapa aux premières heures du jour…
Assises face à face, devant une grosse assiette de pommes de terre bouillies, je regarde Ihintza amusée. Elle manque de s’étouffer à chaque nouvelle bouchée tant ces patates sont sèches et farineuses ! La propriétaire des lieux, toute fière de sa production locale, revient à la charge toutes les deux minutes, refusant de nous laisser partir tant qu’il restera une pauvre patate dans cette foutue assiette si l’on veut avoir une chance de vaincre « la cumbre » ! (si elle pouvait nous les prémâcher, elle le ferait !) La prochaine fois, on évitera de parler de sommets et d’escalade et cela simplifiera la chose gastronomiquement parlant !
Ne nous demandez pas comment on s’est retrouvé ici, ce serait trop long à expliquer ! Toujours est-il qu’arrivées tard dans la nuit, on a trouvé un toit pour dormir, que nous avons un muletier et deux ânes pour transporter toutes nos affaires jusqu’au camp de base et qu’en prime on nous régale de ce succulent petit-déjeuner !
La Cordillère Huayhuash est là et nous tend les bras ! Aussi nous ne tardons pas à nous mettre en chemin… Des heures de marche et à peine quelques mètres de dénivelée plus tard (Put… qu’est-ce que c’est plat, cette pampa !) nous sommes rattrapés par 6 mules qui portent des trucs vraiment étranges : des caisses en bois, des sacs, des patates de hissage et… un portaledge ! Pas de doute, on connaît forcément les asticots qui suivent ! Effectivement, Mélaine, Pulpo et Benoît ne tardent pas à apparaître ! Cette fois, l’équipe est au complet, l’expé peut commencer !

C’est donc tous les cinq réunis que nous apercevons pour la toute première fois, le Puscanturpa qui se dévoile au détour du sentier. Tel un géant de pierre dressé au milieu de la pampa d’herbe rase, c’est haut, c’est raide et c’est beau !

2 août : Camp de base, notre maison pour les deux prochaines semaines !

L’altimètre affiche 4 700 m, une clairière dans un éboulis géant, un coin plat, du sable, un ruisseau… En quelques minutes, les tentes poussent comme des champignons magiques puis bientôt les mules s’éloignent… Rendez-vous dans 15 jours ! Nous voilà seuls, enfin seuls…
Impatients, nous remontons sans attendre le grand pierrier et allons faire un tour au pied de la paroi à la recherche de la ligne de fissures qui donnera les premières notes de la symphonie qui va se jouer ici les jours suivants… Dès le lendemain, les premiers friends raclent le rocher, le marteau résonne, les pitons chantent et le tamponnoir fume… à moins que ce ne soit les bras qui partent en fumée !

3 août : Aujourd’hui, objectif “nid d’abeille” !

Ce premier jour de grimpe nous permet d’accéder à la première zone facile de la face. Deux très belles longueurs en fissures accompagnées de coincements de toutes tailles entre les orgues caractéristiques de la partie inférieure de la paroi.
Et le nid d’abeille alors, c’est quoi ? ! Un empilement horizontal d’orgues observé depuis le camp de base, de près cela ressemble davantage à une carrière où tous ces blocs empilés ne semblent attendre qu’un « top départ » pour filer tous ensemble vers le bas !

Les jours passent et le « rythme expé » se met tranquillement en place. Manger, dormir, grimper ! Optimiser chaque heure de jour dans la paroi ou attendre que le temps passe au camp de base… Drôle de rythme ! Alternance de jours pleins d’énergie et de jours tout calmes…
Des journées bien remplies où il faut marcher, porter, grimper, hisser, donner des coups de marteau, fixer des stat, tirer des rappels, être vigilants à chaque caillou branlant, à chaque friend posé, à chaque relais, du lever du jour au soleil couchant ; et des journées off…
Des heures passées dans les duvets à tomber les bouquins les uns après les autres comme on tourne les pages d’un seul et unique gros livre ; musique en boucle dans les oreilles, des morceaux écoutés mille fois qui s’échappent des écouteurs et qui invitent à la réflexion, qui ramènent à des souvenirs restés à l’autre bout du monde ; à faire défiler les quelques photos emportées des gens qu’on aime, souvenirs de vie ou de voyages çà et là…
Journées au programme simpliste : s’appliquer à diminuer le stock de nourriture, enchaîner les siestes bercés par le bruit des bouts de séracs qui tombent et des pierres qui débaroulent, sans oublier de surveiller régulièrement la paroi aux jumelles… Sait-on jamais s’il y a des fissures qui poussent !

Ceux qui me connaissent un peu, se diront probablement qu’il n’y a peut-être qu’ici, à un camp de base, à l’autre bout du monde, que je suis capable de vraiment me reposer… Ce n’est pas complètement faux !

Les journées d’escalade se suivent et se ressemblent… Au fil des jours, la marche d’approche s’allonge, passant d’une heure de marche pour remonter le pierrier séparant le camp de base du pied de la paroi à des centaines de mètres à remonter sur les stat’ fixées les jours précédents.
La face est parfois entrecoupée de zones plus couchées et il nous faut alors porter les sacs de hissage sur le dos et ramper tant bien que mal jusqu’à la prochaine longueur verticale.

Le deuxième jour, le chantier continue : nous poursuivons les « travaux » vers le haut !

Deux longueurs verticales, nous conduisent à nouveau à une vire. Une grande dalle puis un dièdre rayé d’une très fine fissure parfois bouchée offre une belle escalade, pas facile cependant ! Et voilà, première longueur en 7 de la voie !
En fin d’après-midi, quelques flocons nous invitent à prendre tranquillement le chemin du retour… Rappels et désescalades s’enchaînent en même temps que le ciel s’obscurcit encore davantage. Nous rentrons au camp sous les éclairs, le tonnerre et une bonne averse de neige. Ce soir, c’est ambiance hivernale, tout est blanc ! Ihintza qui est restée au camp pour se reposer, nous attend avec un délicieux repas ! On est vraiment trop gâtés ! Merci guapita !

Le lendemain, c’est repos en regardant la neige fondre et en écoutant les chutes de pierres incessantes… Aujourd’hui, nous sommes mieux ici que là-haut ! On profite de la journée pour mettre au point des stratégies et nous décidons de nous diviser en deux équipes et d’alterner les jours de grimpe, n’étant pas plus efficace à 5 qu’à 3… Équipe de Chicos/Équipe de Chicas !

6 août : ¡Venga chicas !

Le troisième jour d’escalade est placé sous un concept que je commence à vraiment apprécier : Girls Power! Aujourd’hui, je grimpe avec Melaine et Ihintza.

Il est 4 heures quand le réveil sonne. Nous remontons le grand pierrier à la frontale… Notre état n’est pas bien beau à voir. L’une tousse pendant que la seconde vomit, et que la troisième, touchée par une bonne diarrhée, fait des pauses toutes les 10 minutes ! Le ciel est bien couvert et les températures plutôt très fraîches ! La journée s’annonce excellente… Aujourd’hui il va falloir serrer les dents… Et les fesses aussi !

Les premières dizaines de mètres de remontée sur cordes nous remuent bien le ventre mais aussi les bras, sans compter que notre taux d’essoufflement nous rappelle que nous sommes quand même à 5 000 m d’altitude !

Partie devant, je constate complètement hallucinée en arrivant au premier relais que celui-ci est tout couvert de poussière blanche. Visiblement hier ce devait être la fête aux pierres qui tombent ici ! La situation me réchauffe immédiatement et me laissera inquiète pour toutes les autres remontées sur corde du séjour… Par miracle les sangles du relais et la stat ne sont pas touchées. Comme quoi les miracles peuvent parfois exister !

Le soleil arrive enfin, ce qui refait grimper le curseur d’énergie et d’optimisme (presque) à son maximum ! Les blagues reprennent… Plutôt bon signe ! Maintenant, nous sommes en terre inconnue ! Melaine parvient à négocier sans trop de difficultés un ressaut plus vertical puis je prends le relais pour (encore !) une zone de terrain bien pourrie. C’est l’heure de l’apéricube, les pierres volent mais personne n’est touché.

Nous butons ensuite sur une zone de fissures très larges. Une longue cheminée parsemée de gros blocs (espérons bien) coincés nous domine… C’est parti ! Plus impressionnant que difficile, ça passe en libre et j’arrive à surmonter tous ces énormes blocs sans écraser mes copines, plus de peur que de mal donc ! Pour finir, je cale un relais dans le fond de la cheminée, autant dire que la promiscuité est à son comble quand nous nous retrouvons toutes les trois au fond de ce trou et qu’un compagnon supplémentaire s’invite à la fête : Le sac de hissage de 70 litres !

Souhaitant décaler le relais en dehors de la cheminée, nous sortons la trousse de « Bob le bricoleur » et les coups de marteau s’enchaînent, les bricoleuses se relaient, les insultes fusent, le caillou résiste et la mèche ne s’enfonce que de quelques malheureux centimètres largement insuffisants. Ce soir, il n’y aura pas de bouquet final, les coups de marteau cessent sans avoir suffi à mettre un seul spit… But « tamponnoir »!

La journée est déjà bien avancée, nous reprenons la direction du camp de base. Entre deux rappels, nous croisons Benoît et Pulpo qui montent dormir là-haut pour poursuivre le chantier demain matin. Courage les gars ! Nous rejoignons la terre ferme à la tombée de la nuit. Bilan de la journée : une centaine de mètres de stat’ fixée et une catastrophe frôlée de peu : une pluie de pierres nous accueille au pied de la paroi, les projectiles déferlent à quelques mètres de nous, nous sommes terrorisées. Finalement, on s’en sort très bien ! Il s’en fallait de peu pour que nos casques se transforment en passoires !

Les sommets alentour se teintent de couleurs incroyables et on rentre entières, que demander de plus ? Des croque-monsieur ? merci Mélaine !, un bon duvet et un gros dodo.

10 août : Hasta la cima !

Quelques jours de repos et c’est reparti ! Hier les gars ont fixé les dernières cordes fixes et ont dormi là-haut. C’est remontées à bloc que nous quittons le camp de base aux alentours de 3 heures du matin : aujourd’hui on sort au sommet !

Jumar, microtrac, étrier et MP3, les 400 mètres de statiques sont avalés dans la nuit noire. Aux premières lueurs du jour, nous sommes au portaledge où les copains roupillent encore : « Debout les gars, le petit déjeuner est servi ! Nous, on continue ! »

Avec les premiers rayons de soleil, chaussons aux pieds, ça se remet à grimper, il ne fait vraiment pas chaud et l’escalade est encore bien soutenue… Devant, nous nous relayons avec Mélaine trouvant notre chemin sans trop de difficulté. Cheminées, fissures, dièdres… il y en a pour tous les goûts. Peu à peu, le haut de cette paroi interminable se rapproche, Benoît prend le relais pour les deux dernières longueurs. Cette fois, on y est !

L’après-midi est plus qu’entamée, le ciel est tout gris et le sommet ressemble franchement à un cairn géant, aussi nous ne nous éternisons pas ici. Après s’être balancé quelques cailloux les uns sur les autres, on file en direction du sol en même temps que l’horizon s’éteint.

Des pitons, des becquets, des relais, plein de rappels, des centaines de mètres de stat’ à récupérer et des pierres qui tombent (encore !) “Aie, sur mon bras cette fois !”
Quelques rappels plus tard, il fait nuit noire, nos sacs sont pleins à craquer et de petits flocons dégringolent du ciel… La neige s’intensifie en même temps que le sol et la maison se rapprochent. Il n’est pas loin d’une heure du matin quand nous nous glissons dans les duvets, voilà presque 24 heures que nous sommes levées ! Heureux !  Ce soir-là, je m’endors un peu fatiguée mais plutôt satisfaite que l’on ait su trouver « Pérou » il fallait passer pour grimper sur ce beau sommet !

De fil en aiguille, vous savez tout !
Voilà comment « La fileuse de nuages » est née cet été !

 

 

 

 


3 – Tourisme et Esfinge

Par Benoît

Après ce long séjour en montagne, nous savourons quelques jours de repos : douche chaude, lessive (et y’en avait bien besoin), petits restaurants et tourisme ! Nous partons donc deux jours sur la côte visiter les ruines de ChanChan : nous découvrons des temples Chimu, un peuple ayant vécu avant la civilisation Inca.

Après cette escapade culturelle, nous profitons de nos derniers jours de vacances péruviennes pour réaliser une dernière voie. Nous prenons donc la direction de la llaguna Paron. Les sacs bien chargés, nous montons jusqu’au lieu de bivouac avec pour objectif d’atteindre le sommer d’Esfinge en passant par « La ruta 85 ».

Nous nous divisons en deux cordées : Lara, Pulpo et Ihintza d’un côté, Benoît et Mélaine de l’autre. Réveil à 3 heures, on attaque l’escalade congelés puis peu à peu, le soleil nous touche et nous réchauffe. Les longueurs sont plus belles les unes que les autres et on se régale ! 13 heures, la face passe dans l’ombre et, rapidement, il recommence à faire bien froid. De plus, cette face n’en finit pas ! Benoît et Mélaine sortiront au sommet pour le coucher de soleil mais Lara, Ihintza et Pulpo devront passer la nuit dans la face, sans rien à boire ni à manger, ni duvet…!

Après quelques heures de stress, tout le monde redescendra à temps pour le dernier taxi et le retour à Huaraz. Eh oui, demain c’est le dernier jour… On finit de trier le matériel, de faire les sacs et on embarque dans les bus en direction de Lima.

Cinq semaines, ça passe vite malgré tout, et c’est déjà le moment de retrouver le chemin de l’école…