Ouverture d’un premier canyon au Chili

Mardi 11 janvier

Nous partons à 7h15 notre pilote roule plus vite sur les pistes poussiéreuses et défoncées que sur la route normale et toujours pas de ceinture de sécurité…il nous laisse à l’endroit décidé ; le rio est toujours aussi fort, nous passons une bonne heure à essayer de traverser puis nous finissons par nous mettre à l’eau (vive !) De l’autre côté, c’est la jungle et retour à la macheta. Après 45 min de progression-sangliers, on aperçoit l’étroiture du canyon en contrebas qui semble très esthétique mais malheureusement beaucoup trop d’eau ; on redescend par un autre endroit car on s’est bel et bien perdu et toujours à la macheta…
Nous voici sur sur la piste vers le chemin que nous avons entamé hier. Cette fois on traverse le rio et on trouve une vague sente que l’on pense laissées par des pêcheurs.
Pendant une heure, on poursuit en  se disant que quelque chose de bien se profile dans le canyon…
On reviendra avec le matériel d’équipement…

Le volcan Osorno

Mercredi 12 janvier
Rendez-vous à 8 h, notre pilote arrive à 8h45…
Alfonso, 65 ans, le local du coin, vient avec nous pour garder ses vaches. Il s’extirpe de la voiture et, le temps de nous retourner, il est déjà sur le chemin à mach 12. On peine à le rattraper et je me demande pourquoi cet homme marche si vite pour garder ses vaches.
Toujours est-il que nous arrivons à sa cabane en 10 min de marche au lieu des 30 minutes d’hier (Merci Alfonso !). Je pense qu’il veut traire les vaches, mais non… une fois arrivés au rio, il nous rejoint, bottes au pied, nous indiquant le chemin et prend la tête du groupe. On arrive au départ de la première section de marche du canyon, au-delà beaucoup de jolis toboggans s’enchaînent jusqu’à une cascade de 3, puis 5, puis 15m, magnifique !
Résultat : 1er canyon ouvert et d’après Richard exploitable pour ses clients…

Equipement du canyon

Un des tobogans du canyon

Jeudi 13 janvier
Sommes-nous à Knott le Zout ? C’est tout comme, et pour la température et pour la pluviométrie. On feuillette les pages de nos guides pour savoir ce qu’on va bien pouvoir faire de cette journée.
Trop tard, il ne pleut plus, donc direction Ko’Kayak  pour une descente en Raft…whaou !!! Les rivières sont à la mesure du pays ; c’est plus large qu’en France, plus d’eau, mais du coup c’est moins technique. Un bon moment en tout cas. Demain, je ferai la même en hydrospeed avec mon sac Canyon en lieu et place du flotteur. Cet aprèm, retour à Puerto Varras… Officieusement je suis LE Français spécialiste de cette ville, les gens me reconnaissent dans la rue« ola Bruno como estas » ; pas un marchand d’empenada con carne qui ne me salue point et je suis le meilleur client du cyber-café du coin.
A ce propos, le monde est petit : J’ai reçu un e-mail de Vincent, de Aguaventura de Pucon, un français installé là-bas depuis quelques années, qui il me dit ceci : « Salut Bruno, j’ai appris que tu étais a Santiago dimanche, vous ne passez pas inaperçu avec vos sacs Expé »… ??? J’vous jure, M’sieur, c’est pas moi qui lui ai dit !!!

Une journée d’exploration grâce à Richard. On embarque dans un raft pour repérer les arrivées de canyons et les embouchures des rivières mais c’est immense…  A la fin de la matinée nous perdons tout espoir de trouver un sentier, ce sera sera plutôt deux voire trois  jours de machette…A réfléchir. Dans l’après-midi, direction les chutes de Petrohue d’où l’on repère l’arrivée de 2 canyons dont l’approche doit se faire du bas après avoir traversé un rio et des rapides à la nage…

Rendez-vous est pris avec Richard pour demain pour explorer la rivière et ses affluents sur la route de Cochamo.

Premiers pas douloureux pour l’expédition « A la découverte des canyons du Chili »

Voici les premières infos reçues du Chili, quelques jours après leur départ :
Samedi 8 janvier
Attente, longue attente… décollage de Lyon à 07 h (au fait, mes 5 kg de spits, gougeons et plaquettes dans mes bagages à main, ont fait sensation au passage des portes d’embarquement), arrivée Madrid 9h, départ pour Santiag à 23h55 ! Je comprends vite que mon espagnol est un « chouïa » juste et que je ne pourrais pas passer un mois entier à donner le change en commandant une bière avec des olives, même si je dis « bonjour »  en arrivant et « au revoir » en partant. Pour faire court, un tiers de l’équipe est au Chili, une autre se morfond à Madrid et le troisième on ne sait où. En tout cas, j’ai le temps de faire le tour du propriétaire… Grand, immense cet aéroport ! Pour le coup, mon ego un soupçon franchouillard en prend un coup. Dire que Gilles est au soleil de Santiago depuis ce matin…
17h,  je croise Denis qui me reconnaît d’après la photo d’Expé, en en profite pour faire connaissance et une bonne bière scelle notre nouvelle amitié.

19h : je ne résiste pas à la tentation de vous faire part d’un « petit truc à moi », s’il vous prenait quelque velléité d’aventures lointaines : vous prenez avec vous une pochette contenant votre (vos) Mastercard, passeport, argent liquide, billets A/R …que vous gardez soigneusement autour du cou… jusqu’au moment où vous le mettez obligeamment à la disposition du premier venu, en l’oubliant sur la banquette du self une bonne heure. Je confirme donc, il n’y a pas de voleur à Madrid (mais j’en connais un dont le cœur a battu très vite).

L'équipe de l'expédition enfin réunie.

Dimanche 9 janvier 2011
Le baromètre du moral est inversement proportionnel au temps qu’il fait dehors : chaud et ensoleillé (+ 35°) Après une longue nuit dans l’avion, je retrouve Denis arrivé finalement presque en même temps que moi. Je viens de faire une découverte : si vous attendez en vain vos bagages qui n’arrivent pas sur le tapis, et que vous commencez sérieusement à flipper, c’est peut-être que vous n’attendez pas au bon endroit. Récup matos, bus pour la gare routière et on trouve enfin Gilles. Enfin, l’équipe est au complet. Dès que l’on aura trouvé un moyen de transport pour le sud, ça ira mieux. En fait non.  Si on résume, on a fait Lyon-Madrid, Madrid-Santiago, aéroport-gare routière, gare-routière-aéroport, aéroport – à nouveau gare routière (location de voiture trop chères), gare-Calbucco (12 h), ce qui nous fait un départ samedi aux aurores avec une arrivée lundi matin.

Le volcan Osomo se dresse fièrement au-dessus du lac Lanquilhue.

Lundi 10 janvier 2011
OUT ! La litanie un peu ennuyeuse je vous l’accorde, de nos différentes  navettes, permettent d’expliquer que mon aventure s’est arrêtée ce matin 9 h. Ce ne sont pas les canyons Chiliens, ni les 6000 andins, mais les…trottoirs de Puerto Montes.
A force de se trimballer des charges de 60 kg, un mollet a claqué. Une simple déchirure du muscle, mais qui stoppe là mon expé… Ce soir, réunion de crise avec le groupe, mais à deux, ça risque d’être problématique pour le reste de l’équipe.
J’espère tout de même qu’ils pourront vous rapporter de jolies photos et de belles aventures.
Apres toutes ces navettes et changement de bus, nous voici ENFIN arrivés à Puerto Varas où nous retrouvons  notre contact par internet, Richard Carrier, qui gère  une société de kayak et de rafting sur ces splendides rios de la région des grand lacs. Il est enchanté de notre arrivée et du matos français qu’on lui amène, très difficile à trouver ici.
Les présentations se font très vite et les questions fusent : logistique, technique de canyon, connaissance des accès aux sites et des gens locaux…
Richard termine par un : Que voulez vous faire cet après-midi ? Je ne le laisse pas terminer et lui dit que l’on va explorer le fond de la vallée… Rendez-vous est pris pour 14h30 au gite (que Richard nous as trouvé pour 40000 pesos par jour)… avec vue sur le lac Lanquilhue et le volcan Osorno… C’est le rêve !!!
14h30… euh pardon 15h !!! Ce n’est pas le quart d’heure ariégeois mais chilien. Direction chez le voisin, un gars très sérieux qui possède des vaches et une cabane sur le chemin d’accès du canyon que Richard exploite pour ses clients. Notre espagnol quelque peu approximatif fait sourire notre local, qui, lui, pratique un patois… que Richard ne comprend pas. On se laisse dire qu’au-dessus de son pré, on trouvera un chemin qui monte vers une cascade de 50 m et qu’il n’a jamais vu quelqu’un y aller sauf les vaches pour boire au rio.
Nous décidons alors de laisser tout le matos et partir reconnaître à pied. On prend juste une bouteille d’eau… et une machette…
Au bout d’une heure et demi, je confirme la machetta fonctionne très bien (la forêt australe c’est carrément la jungle) mais hormis du bambou et de la rhubarbe sauvage, on ne trouve pas la moindre cascade.
On décide alors de rejoindre la rivière (à la façon des sangliers ariégeois) pour remonter en pateaugeant le cours d’eau… Trente minutes plus tard (j’ai un copain qui va rire en sachant que c’est moi qui estime les horaires puisque je n’ai pas pris ma montre), on découvre enfin une cascade de 10 m. Le local a-t-il un peu forcé sur le Pisco (alcool local de raisin, mélangé à du sucre, du citron ou de l’orange) ?
18h30, on décide de stopper ici la prospection retour sur la piste et … le gite en ayant oublié de faire les courses.
Là, je reprends (la plume ?), le lecteur comprendra en lisant en italique, que c’est Bruno qui poursuit le récit. En effet, si je ne peux suivre mes équipiers dans leur progression, je suis chargé d’assurer « la logistique base-arrière » : périphrase pompeuse pour m’occuper des courses, de la vaisselle, du ménage et surtout de la cuisine. A ce propos, je suis malheureux, car je suis tombé sur deux cuistres culinaires et à part des saucisses de Strasbourg et des pâtes (sans sel ???), ils ne sont pas comme moi, amateurs de « bonnes bouffes »
Lendemain, rendez-vous est pris à 6h30 pour explorer l’amont de la cascade.
Quand à moi, je retourne à Puerto-Varras pour trouver un cyber-café pour vous envoyer ce petit récit… et faire les courses avec mes béquilles.

L’équipe

Quelques nouvelles de Hunku Project !

SUR LE DEPART
Nous quittons Paris le 8 octobre, pour y revenir le 15 novembre. Au Népal, nous commencerons par une approche de 5 jours en empruntant le tour des Annapurnas, puis en quittant la vallée de Manang vers le nord pour nous engager dans la vallée de Naar et Phu proprement dite. Nous soignerons notre acclimatation sur le Chulu Far East 6059m. De retour de ce trekking peak, nous irons explorer la face nord du Pisang 6091m, au dessus de Naar (une première?).
Après un bref repos, nous quitterons le village de Naar pour 3 jours de marche qui nous mèneront au fond de la vallée de Phu, non loin de la frontière tibétaine. De là, nous prendrons pied sur un plateau glaciaire à près de 6000m et nous rayonnerons en étoile vers des sommets dont certains sont au Tibet. La plupart des sommets de la région ne portent pas de nom.
Nous débuterons notre retour le 7 novembre et après 6 jours de marche, nous rejoindrons la civilisation, puis Katmandou où nous pourrons enfin mettre quelques photos en ligne sur le blog.

22 OCTOBRE
Des nouvelles fraiches de Marie & Fred sont arrivées ce midi. Tout va bien, ils se reposent aujourd’hui au camp de base du Baruntse après une première tentative du Baruntse (7168 m) en question : ils se sont arrêtés vers 7000m, devant une arête un peu trop cornichée à leur gout ! Il semble y avoir pas mal de neige.
Ils prévoient de rester au camp de base jusqu’à la fin de leur séjour, et de tenter les sommets des alentours en fonction de la météo. Ils attendent des nouvelles de Lucas et Adri dans les jours qui viennent !

29 OCTOBRE
Quelques nouvelles de Marie et Fred ! Ils vont bien, ils sont toujours au camp de base du Baruntse, à lutter contre les conditions de neige ; histoire de varier les plaisirs, ils sont allés chatouiller le rocher des alentours. Au programme de demain, une petite goulotte, et ce sera le retour vers Lukla. Adri et Lucas ont apparemment suivi leur programme, fait les 2 sommets prévus et ils devraient tous se rejoindre demain ou après-demain.

Ils commencent à rêver de raclette, de fondue et de tartiflette …

http://hunku-project.ouvaton.org/

Retour de Colombie

Nous voici depuis hier à nouveau dans l’atmosphère parisienne… finalement pas beaucoup plus fraîche que la colombienne !

Avec des images plein des yeux, des joies plein la mochilla (c’est le nom des sacs caractéristiques des Indiens de la région que les femmes tissent en permanence) et une grande déception aussi…
Celle de n’avoir pas atteint notre objectif géographique.

Le Pico Colon s’est refusé à nous, malgré tous nos efforts, nos tentatives sont restées vaines et les portes ne se sont pas ouvertes comme on l’espérait. C’est une immense frustration, mais que nous oublierons vite grâce à l’intensité des moments que nous avons vécu dans la Sierra Nevada.

Les jours passés avec les Indiens Kogis puis avec les Aruhacos, la rencontre avec ces modes de vie incroyable, l’incursion dans une nature encore totalement intacte, la contemplation de paysages inédits a rempli nos esprits de satisfaction !

Sylvain Perret

Premier objectif réussi en Alaska !

Objectif rempli !

Vers 23h00 mercredi 19 mai Frédéric Degoulet et Benjamen Guigonnet étaient de retour au camp de base après 3 jours de grand beau temps passé dans une course au Mont Hunter. 2000 mètres de face nord en grade 6, 5b et une longueur de A2. Et après, ce n’est pas fini, il faut redescendre par une longue arête.
« On est complètement léthargiques, les jambes ne répondent plus bien » déclare Frédéric.
« Mais on est tellement contents d’avoir réussi ce premier objectif de notre expé. On a mis 31 heures jusqu’au sommet et 17 heures pour redescendre par le « west ridge » sur la crête (5 à 7 km) mais au bout on a trouvé un passage plus direct pour finir la descente. On était au sommet vers 20h30 – 21h00, c’était super… vous verrez sur les photos que je vous enverrai plus tard. », précise encore Fred avant que la ligne, mauvaise ce soir, ne se coupe.
En ce moment ils récupèrent de ces trois jours intenses ; les trois skieurs doivent aussi rentrer aujourd’hui de leur trip pour un peu de repos aussi.
Ensuite avec le permis du McKinley en poche Frédéric et Benjamin partiront pour leur dernier objectif, maintenant bien acclimatés et riches de cette première croix en Alaska.
La suite au prochain épisode photo.
A suivre sur leur blog : http://freddegoulet.blogspot.com/

Des nouvelles du Dénali

A peine la remise des Bourses, Fred Degoulet et Ben Guigonnet se sont envolés pour l’Alaska, où ils poursuivent leur acclimatation à l’altitude. Ils alimentent leur blog par des messages et des petites photos transmis par satellite.

Le 4 mai :

Partis de Talkeetna en avion taxi dimanche matin de bonne heure et après un vol « dément » ils se sont fait déposer avec leurs 200kg de matériel et de nourriture pour un mois au camp de base au pied de l’Alaska Range.
Arrivés depuis maintenant 2 jours, l’installation au camp de base est parfaite comme l’attestent les photos.
Une tente pour la nuit, bien abritée dans la glace et un igloo customisé (il était déjà en place), assez grand pour accueillir 3 copains français qui sont venus faire des couloirs en ski.
Après l’installation dès dimanche Frédéric et Benjamin ont fait un premier repérage en ski des conditions dans le « North Butress » leur premier objectif d’acclimatation. Résultat : bonne condition mais beaucoup de neige, donc forts risques d’avalanche, la prudence conseille donc de reporter ce premier objectif de 4 à 6 jours.
Hier le 3 mai, ils ont donc fait pour s’acclimater le Mont Frances, environ 3800 m. 1200 m d’arête avec des petits passages d’escalade en 4+ et de grimpe avec les piolets en M5 pour les spécialistes.
« la journée il fait beau , mais dès qu’il y a un poil de vent ça meule sévère : environ 0°c en plein soleil. La nuit aussi -10°. La météo est nickel pour l’instant mais ils annoncent du vent (environ 50 km/h) demain 4 et 6 mai on va voir ce que ça fait. », précise Frédéric.