L’aventure de Gonawindua, en Colombie

Mise en ligne du compte-rendu de l’expédition Gonawindua, avec un beau texte et un diaporama de 150 photos, suivez les péripéties de cette aventure dont le succès ne reposait nullement sur la bonne volonté de ses membres, mais bel et bien sur le bon vouloir d’une communauté d’Indiens qui ont pris conscience que leur survie, physique et culturelle, passe aussi par un verrouillage de leur espace naturel… Mais au moment où ils n’y croyaient plus, Sylvain et Aurélia ont pu accèder, non pas jusqu’au sommet, mais au pied même de cette montagne sacrée qu’est le Pico Colon. Comme le résume fort bien le chef des Arhuaco, un des groupes Kogis :

« Vous n’allez pas vivre votre rêve, mais un demi-rêve. Ainsi, il vous en restera encore la moitié. Et cette moitié, n’est-elle finalement pas un rêve à elle toute seule ? »

Retour de Colombie

Nous voici depuis hier à nouveau dans l’atmosphère parisienne… finalement pas beaucoup plus fraîche que la colombienne !

Avec des images plein des yeux, des joies plein la mochilla (c’est le nom des sacs caractéristiques des Indiens de la région que les femmes tissent en permanence) et une grande déception aussi…
Celle de n’avoir pas atteint notre objectif géographique.

Le Pico Colon s’est refusé à nous, malgré tous nos efforts, nos tentatives sont restées vaines et les portes ne se sont pas ouvertes comme on l’espérait. C’est une immense frustration, mais que nous oublierons vite grâce à l’intensité des moments que nous avons vécu dans la Sierra Nevada.

Les jours passés avec les Indiens Kogis puis avec les Aruhacos, la rencontre avec ces modes de vie incroyable, l’incursion dans une nature encore totalement intacte, la contemplation de paysages inédits a rempli nos esprits de satisfaction !

Sylvain Perret

Colombie, le sommet en suspens

Après avoir tout préparé avec notre guide local sur place, nous sommes partis samedi dernier sur les traces des Kogis pour atteindre leurs village et le pied du pico Colon.

Des conditions météo très mauvaises (très fortes pluie) puis une invitation impossible à refuser d’aider les Indiens à remettre en état le chemin puis, à nouveau des pluies torrentielles, nous ont retardé dans notre progression : au bout de 3 jours, nous n’avons atteint que le village que nous avions mis 1 jour et demi à atteindre en 2008.

Ce fut la rencontre avec un Mamo (grand sage Kogi) qui nous a été « fatale » : il a souhaité que nous redescendions pour qu’il puisse constituer un conseil des sages, lequel décidera de la suite à donner à notre expédition : aurons-nous l’autorisation de monter ?

On a beau s’y préparer, ce sont toujours des moments de doute stressants et difficiles à accepter pour nous autres Occidentaux… Mais on a plus d’un argument en notre faveur. Donc, prochaine tentative dans 3, 4, 5 jours ?

En attendant, on sèche et on soigne nos piqures de moustiques ! (Aurélia en compte plus d’une centaine sur les jambes malgré les pantalons imprégnés que nous portons en permanence: ils piquent au travers!)

Malgré tous ces désagréments tout va bien, nous nous sommes habitués à la chaleur (hier, dans le village en altitude j’ai eu froid car il ne faisait plus que 23 degrés a 5h du mat…) et les Colombiens sont toujours aussi chaleureux et accueillants !

A bientôt pour plus de nouvelles. 🙂

Sylvain et Aurélia
23 juin 2010

Gonawindua, c’est parti…

Bonjour à tous,

On le croit toujours lointain, à force de le penser, l’organiser, le tourner dans tous les sens, à tel point qu’il devient presque irréel, perdu dans des méandres administratifs ou des réflexions toujours identiques: « qu’est ce qu’on a bien pu oublier ? »

Et puis il arrive, le moment du départ. Surprenant de célérité. « Attends un peu, j’ai oublié de faire ça ! et ça, c’est pas au top, et ça aussi, et encore ça… » et puis finalement faut y aller, ce qu’il reste à gérer est déjà du domaine du voyage.

La magie commence pour nous dès demain matin, départ très tôt pour Caracas enchaîné sur une vingtaine d’heures de bus jusqu’au nord de la Colombie où l’expédition débutera réellement avec le concours de notre contact sur place.

Merci à nos partenaires pour tout ce matériel...

Nous tenterons de vous tenir au courant du mieux que possible, voici déjà un petit aperçu du matos que nous emportons, merci à tous pour nous avoir aidés à nous le procurer !

Bien amicalement.

Sylvain et Aurélia

Leur blog

Les lauréats 2010 !

Le 23 avril dernier, au siège de la société Expé, à Pont-en-Royans, les lauréats 2010 ont été réunis avec les représentants des partenaires des Bourses Expé. Les expéditions se répartissent sur quasiment tous les continents :

– Afrique : expédition de spéléologie à Madagascar, sur la petite ile de Nosy Hara…
– Asie : le « Hunku Project » va explorer la vallée de Hunku, au Népal, et tenter l’ascension de nombreux sommets entre 7300 et 6000m, certains encore vierges…
– Amérique du Nord : deux aspirants-guides vont répéter des voies très difficiles en Alaska
– Amérique du Sud : deux projets vont s’y dérouler, l’un consiste à gravir le Pico Colon, le plus haut sommet de Colombie, qui ne peut se faire qu’avec l’aide des Indiens Kogis qui vivent au pied; l’autre va chercher s’il y a bien des canyons à descendre et à équiper en Araucanie, une région riche en lac du Chili…

Les lauréats des Bourses Expé 2010 photographiés au siège social d’Expé, à Pont-en-Royans, le 23 avril 2010. De gauche à droite : Aurélia Greff (2), Gilles Leroy, Bruno Vigier-Lafosse (5), Marie Dumont, Lucas Girard, Adrien Gilbert, Alexandra Leber, Renaud Guillaume (4), Benjamin Guigonnet, Frédéric Degoule (1), Séverine Larric et Laurent Martin (3). Les numéros renvoient aux expéditions lauréates détaillées ci-dessous.

1 – Pas de répit au Dénali
Alaska, USA. 2 mai au 2 juin 2010

Deux jeunes grimpeurs confirmés se sont lancés juste après la remise des bourses, dans la répétition de deux voies engagées de l’Alaska Range, en méthode ultra-light, en style alpin et en non-stop…
Equipe : Frédéric Degoulet, 27 ans – Benjamin Guigonnet, 22 ans.
En savoir plus

2 – Gonawindua
Rencontre avec les Indiens Kogis et ascension du Pico Colon
Colombie, du 11 juin au 11 juillet 2010

Le projet Gonawindua se déroule dans la région de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie. Cette région, parmi les plus inaccessibles et les plus mal connues du globe, était le dernier refuge des indiens Kogis. Sylvain Perret et sa compagne Aurélia Greff sont prêts à repartir dans cette région pour tenter à nouveau l’ascension de cette montagne de 5.780 m très largement méconnue.
Équipe : Sylvain Perret, 36 ans – Aurélia Greff, 34 ans.
En savoir plus

3 – Explorations dans l’archipel de Nosy Hara
MADAGASCAR, du 15 septembre au 15 octobre 2010

Les tsingys de Madagascar sont désormais bien connus… Ce sont des paysages exceptionnels. Mais on ne savait pas encore qu’il pouvait y en avoir sur une petite île, à l’ouest de Madagascar: Nosy Hara a la forme d’un haricot et une superficie réduite : 2 km de long à peine… Explorer une île déserte et vierge, recouverte par ces forêts de pierre, tel est le rêve que s’apprête à vivre une équipe de trois spéléologues français.
Equipe : Séverine Lamic, 29 ans – Laurent Martin, 39 ans – Jean-Claude Dobrilla, 66 ans.
En savoir plus

4 – Hunku Project
NÉPAL, du 8 octobre au 14 novembre 2010

Six jeunes gens, deux filles et quatre garçons, tous scientifiques et passionnés de montagne et d’aventure, vont explorer la vallée de l’Hunku, au Népal, durant l’automne 2010. Cette vallée sauvage, située en marge de la région du Khumbu (le pays des Sherpa), est entourée de plusieurs sommets d’envergure dont le Chamlang (7.319 m), un sommet foulé seulement une dizaine de fois, et qu’ils vont tenter en technique alpine.
Participants : Renaud Guillaume, 28 ans – Lucas Girard, 26 ans – Alexandra Lebert, 26 ans – Marie Dumont, 26 ans – Yannick Prebay, 26 ans, Adrien Gilbert, 24 ans.
En savoir plus

5 – A la découverte des canyons du Chili
CHILI-PÉROU, du 3 janvir au 6 février 2010

Comment ne pas supposer qu’il y ait des canyons au Chili ? Et pourtant, cette discipline semble encore inconnue là-bas… Ce sera une véritable exploration, au vu des chiches informations disponible, malgré le potentiel élevé des vallées andines…
Leur objectif comprend également l’équipement des canyons pour promouvoir cette activité et ouvrir une perspective économique alternative aux nombreux guides qui pratiquent le raft au Chili.
Equipe : Gilles Leroy, 32 ans, Denis Brunet, 33 ans – Bruno Vigier-Lafosse, 50 ans.
En savoir plus