« Anba Macaya » à l’Unesco et aux Cafés de l’Aventure, en janvier 2015

Exposition à la Maison de l’Unesco

L’expédition de spéléologie à Haïti « Anba Macaya, Verticales souterraines » expose en textes et photographies le résultat de leur expédition, lauréate d’une Bourse Expé 2013.

L’exposition se tiendra du 5 au 21 janvier 2015 au siège de l’UNESCO, à Paris, dans les salles Miro 1 et 2. L’entrée est gratuite pour tous.
Cette exposition présentera au public, à travers un contenu multimédia et les photographies de Carole Devillers, Jean-François Fabriol et Olivier Testa, cette face méconnue du patrimoine Haïtien.

Elle se base sur les travaux menés depuis 2009 par ces spéléologues au cours de plusieurs expéditions dans les départements du Centre, du Nord-Ouest, de la Grand’Anse, des Nippes, du Sud et du Sud-Est. Celles-ci ont permis la découverte et l’inventaire de plus de 200 cavités, travail que l’on peut consulter sur le site http://www.grottesdhaiti.org

Lien vers l’expo.

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Présentation aux Cafés de l’Aventure

`Par ailleurs, ils présenteront leur expédition, la cinquième qu’ils ont organisées à Haïti, et la première dans le massif d’Anba Macaya, aux Cafés de l’Aventure, organisés conjointement par la Guilde du Raid et la Société des Explorateurs Français, au Zango, 15 rue du Cygne 75001 Paris (entrée libre) à partir de 20 heures.

En présence d’Olivier Testa et Stéphanie Jagou, membres de l’expédition.

Lien vers les Cafés de l’Aventure

 

Mwen renmen antre andan twou-wòch ! Anpil !! *

Petit rappel : c’est le pays qui a fait l’activité. La spéléologie, je n’en avais jamais fait. Une attirance pour le souterrain ? Moyen. Les joies de l’obscurité totale ? Inconnues. Une envie de première ? Un truc de « Blanc » ça.

Une expé qui se monte pourtant.

En 2009, je suis arrivée pour travailler sur un projet d’eau potable en zone rurale. A Pestel, il s’agissait de protéger de l’entrée d’eau de mer une source d’eau douce… peut-être une résurgence de cette rivière Glace qui disparaît quelque part entre les départements du Sud et de la Grande-Anse. Bienvenue en milieu karstique.
C’est avec ces éléments en tête que le choix s’est tourné vers la spéléologie. Une activité qui draine de nombreux a priori ; pour l’expédition, je n’en avais qu’un : il s’agira de randonner !

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Jusque là, j’avais tout bon !

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Pour pénétrer l’intérieur du massif, il faut passer du temps à l’extérieur. Parcourir du morne, crapahuter dans du lapiaz, se faufiler dessus-dessous les lianes, s’arrêter pour observer une mygale, questionner les paysans, se jeter dans un cours d’eau, se protéger tour à tour du soleil et de la pluie, glisser sur la boue des chemins, rigoler avec les haïtiens : tout y est.

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Et plus encore dans ce pays en-dehors.

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La semaine « Autonomie sur corde pour apprentis » dans le Vercors n’avait pas éveillé un sursaut d’intérêt pour l’activité en soi. L’expédition cependant, c’est autre chose. Elle est constituée de ce subtil mélange de clair-obscur qui vous donne une véritable envie de grottes.

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Il s’agit maintenant de pouvoir équiper un puits seule: la formation est accélérée, la tête tricote du nœud dans le sommeil, l’apprentissage est validé après quelques soirées passées autour de barreaux de chaise et de dyneema. On imagine des configurations : lapiaz ou pye-bwa*, amarrage et déviation, ça redouble de questions.
La journée mise en pratique se déroule le lendemain : c’est avec un plaisir à peine dissimulé que je réalise mon premier amarrage sans quincaillerie. Un beau tisserand tricoté avec la dyneema sur le nœud de chaise double de la corde de progression ! Finis les mousquetons trop lourds, on change de commerce !

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L’autonomie est poussée jusqu’au bout le jour suivant ; le sherpa rempli d’une corde de 30m, je passe la journée avec quelques haïtiens à la recherche de trous. Il y en a un surtout qui semble donner : le fond n’est pas bien visible, la roche lancée met plusieurs secondes avant d’arrêter sa course, son impact sur le sol résonne bien… J’ai très envie d’y aller !
Je vois bien que la déviation que je mets en place pour éviter le frottement de la corde sur le lapiaz n’est pas efficace… j’ai un peu peur. Les haïtiens avec moi me conseillent de revenir avec les autres, mais je n’ai pas envie de les attendre.
Celui qui m’a indiqué ce puits comprend ; il me regarde et sourit : « Tu veux y aller en premier, hein ? ».
L’universalité de ce sentiment avait quelque chose de rassurant à ce moment.
Oui, je voulais y aller en premier, voir ce qui se cachait dessous avant les autres, n’importe quel autre.
Non, je ne sentais pas mes amarrages suffisamment solides ; j’attendrais donc pour y retourner.
J’en descends d’autres, plus petits. Celui-là attendra demain.

Mais j’y vais quand même en premier !

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Au final, il s’agira d’un puits à deux niveaux, avec un intermédiaire plutôt fuyant ; le tout fera seulement 35m de profondeur. Une salle en-bas avec quelques concrétions, aucune continuation. Peu importe, j’ai compris que la première, c’était excitant.

Alors maintenant que la spéléo-rando fait partie de mon quotidien le temps d’une expé, on continue de pousser la compréhension des nœuds/amarrages/risques/plongée pour aller plus loin. Un amarrage foré a même contribué à l’excitation de toute une journée ! Imaginez que vous percez deux trous dans la roche et qu’au lieu d’y placer des goujons et des plaquettes (souvenez-vous, l’ultimate est atteint quand on ferme le magasin de quincaille et ferraille), vous enfilez votre dyneema sur les deux lames de la paroi que vous tissez ensuite sur chacune des boucles de votre nœud-fusion (pas de chaise-double pour le Y). Je vous assure qu’au moment où vous êtes longés à cet amarrage, vous marquez un temps d’arrêt. A regarder les quelques centimètres à peine qui constituent l’épaisseur minérale qui vous soutient à ce moment-là, vous souriez et vous ne pouvez pas vous empêcher de penser que c’est beau !

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* J’aime la spéléo ! Beaucoup !!
** Arbre

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